Huffpost Maroc mg

La réforme de la Bourse de Casablanca va bon train

Publication: Mis à jour:
BOURSE CASABLANCA
DR
Imprimer

ECONOMIE - Alors que le processus de démutualisation de la société gestionnaire, actée par le protocole d’accord signé le 25 novembre 2015 entre l’Etat, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) et les actionnaires actuels et futurs de la Bourse, arrive à sa fin, le projet de la réforme de la loi sur la Bourse va bon train, après son approbation, récemment, par la Chambre des représentants.

Avec cette réforme, qui se voulait d'une dimension globale couvrant à la fois la réorganisation institutionnelle, le développement des produits et le renforcement des moyens d'action des autorités de régulation, le texte de loi va connaître la plus importante refonte depuis sa promulgation en 1993.

Adopté en septembre dernier par le Conseil du gouvernement, le projet de loi relatif à la Bourse, aux sociétés de bourse et aux conseillers en investissement financier, qui promet de nombreuses avancées pour une place qui souffre d’un manque de liquidité et de dynamisme, a fait du chemin depuis et n’attend plus que l’aval de la Chambre des conseillers pour voir le jour.

Visant d'une part à moderniser le cadre législatif régissant la bourse et, d'autre part, à permettre la mise en place de nouveaux marchés favorisant l'émergence de nouveaux relais de croissance, ce projet stipule la création de deux marchés, principal et alternatif, qui sera dédié aux PME avec des conditions d'accès au marché adaptées aux spécificités de cette catégorie d'entreprises.

Ces dernières pourraient compter, dans ce cadre, sur l’accompagnement du programme "Elite", première concrétisation du partenariat stratégique entre London Stock Exchange Group (LSEG) et la Bourse de Casablanca, pour les aider à préparer et structurer leur croissance via l’accès à des opportunités de financement à long terme.

Déploiement du programme Elite

Le Maroc est le 1er pays non européen où le programme Elite, qui consiste à accompagner les PME à fort potentiel de croissance, afin de les munir des outils nécessaires pour accéder aux diverses sources de financement qu’offre le marché financier en général, et le marché des capitaux en particulier, a été déployé.

Développé par le LSEG, ce programme a été adapté et mis en place au Royaume Uni en 2014 et dans plusieurs pays d’Europe en 2015. Le projet de loi sur la bourse, vers lequel les espoirs sont tournés pour insuffler une nouvelle dynamique à la place casablancaise et rétablir la confiance des investisseurs, apporte plusieurs nouveautés à l’appui d’une approche différente, dont le trait principal est la restructuration du cadre législatif au profit d’une réglementation plus étoffée.

Il prévoit la création des compartiments réservés à la négociation des fonds collectifs, notamment, les Exchange Traded Funds (ETF) et les fonds immobiliers et stipule la cotation des entreprises étrangères, en permettant aux organismes ou personnes morales n'ayant pas leur siège au Maroc d'être cotés à l'un des compartiments des marchés.

Ce projet prévoit aussi l'encadrement de l'activité des conseillers en investissement et les services d'investissement, à travers l'énumération et la définition des services d'investissements, et l'élargissement des domaines d'action des sociétés de bourse pour toucher aux activités connexes au domaine de l'intermédiation.

Une régulation plus efficace

Si l'année 2015 a été marquée par des avancées majeures, annonçant une évolution structurante du marché financier marocain et des acteurs qui y opèrent, 2016 a vu la cadence de ce processus de changement s'accélérer avec la mise en place l’AMMC avec des prérogatives élargies comparé à l’ancien gendarme de la bourse (CDVM).

La nouvelle organisation (mise en place d'un collège des sanctions…etc) et l'élargissement des missions (évolution du périmètre de contrôle, habilitation de certaines fonctions, éducation du public...etc) qui accompagnent cette réforme, devront permettre à l’AMMC d'assurer une régulation plus efficace.

Sans doute, 2015 a constitué un point d'inflexion dans la mesure où le calendrier des réformes du marché financier marocain s'est précisé par des actions concrètes et le processus de démutualisation de la Bourse de Casablanca fut incontestablement l'une des actions-phares.

Cette opération, qui vise à rationaliser l’actionnariat de la Bourse et impliquer les principaux intervenants du marché des capitaux dans la définition de sa stratégie de développement, devra aussi contribuer à l’amélioration de la structure de gouvernance, le processus de prise de décision et l’efficacité opérationnelle.

Elle a permis l’entrée de gros calibre dans le tour de table de la Place, désormais, constitué des banques (39%), la Caisse de Dépôt et de Gestion (25%), les sociétés de bourse (20%), les compagnies d'assurance (11%), ainsi que Casablanca Finance City (5%). Une nouvelle étape qui devrait en principe aider à améliorer la liquidité sur le marché.

La clôture, le 17 juin dernier, du processus de démutualisation de la bourse a été marquée par la signature du nouveau cahier des charges qui lie l’Etat aux nouveaux actionnaires de la société gestionnaire, et de ce fait, la finalisation de l’opération d’augmentation de capital par incorporation des réserves.

Le nouveau Conseil d’Administration de la place casablancaise, qui a nommé l’Administrateur Directeur Général (ADG) de CDG Capital, M. Hamid Tawfiki, comme Président, a également procédé à la ratification de l’augmentation de capital réservée à la CDG et à Casablanca Finance City Authority (CFCA).

Une opération à 1,9 milliard de dirhams

Pour les autorités publiques, qui semblent déterminées à remettre la Bourse de Casablanca sur un sentier de croissance, tous les moyens sont bons pour relancer le marché et redynamiser les échanges. En effet, l’Etat Marocain a décidé d’introduire 40% du capital de l’opérateur portuaire, Marsa Maroc, en bourse par cession d’action.

Opération de privatisation d’envergure via le canal boursier, l’PO, qui a tenu le marché en haleine depuis quelques années et dont le montant global s’élève à 1,9 milliard de dirhams, est la plus importante qu’ait connue le marché boursier marocain depuis 2009.

Le marché se fait l’écho du succès de l’IPO dont les souscriptions ont été arrêtées, trois jours avant la fin du délai et qu’il faut attendre quelques jours encore avant la publication des résultats définitifs.

Le premier semestre de 2016 ne s’est pas écoulé avant que les termes de la fusion-absorption, Lafarge Ciments et Holcim Maroc, ne se soient arrêtés, une annonce qui a eu l’effet d’un catalyseur de hausse à la Bourse de Casablanca.

En effet, cette dernière a clôturé la première moitié de l’année sur note positive, le Masi, indice global composé de toutes les valeurs de type action, plaçant sa performance à +6,50% pour s’établir à 9.505,98 points, de même que le Madex, indice compact composé des valeurs cotées au continu, qui gagne 7,04% à 7.765,84 points.

Lafarge Ciments a, récemment, reçu l’aval de l’AMMC pour l’augmentation de capital au titre de l’opération de fusion-absorption, qui porte sur un total de 5.935.512 actions émises selon une parité d’échange: 1,2 action de Lafarge Ciment pour 1 action Holcim Maroc, pour devenir, in fine, "LafargeHolcim Maroc".

Fusion de raison, l’alliance LafargeHolcim et la Société Nationale d'Investissement (SNI) constituera une réponse à un marché très porteur, surtout celui de l’Afrique subsaharienne.

Ce projet, dont la finalisation est en cours, conduira à la création de "la première capitalisation boursière industrielle de la place casablancaise et le deuxième groupe cimentier coté en Afrique", annonçant un semestre non moins animé que le premier.

LIRE AUSSI:

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
Les 10 plus grosses entrées en bourse de la net-économie
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction