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Harcèlement, arnaques... Ces maux qui pèsent sur le tourisme au Maroc

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MARRAKECH
A Marrakech, on ennuie bien le touriste | Getty Images
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TOURISME - 22h15 sur la place Jemaa el-Fna. En ce mois de ramadan, touristes et locaux se croisent dans un joyeux tumulte. Près des gargotes qui servent brochette sur brochette, des employés tentent d'attirer à leur table les nombreux passants qui déambulent devant leur commerce. "Quelle est la différence entre Sebastien Loeb et Sarkozy? Loeb est le premier à Monte-Carlo et Sarkozy est le dernier à monter Bruni!", tente l'un d'entre eux. Cette blague douteuse, le quidam l'aura entendue plusieurs fois dans la soirée. Dans les sites touristiques de la ville ocre, il est quasiment impossible de se balader sans se faire aborder tous les dix mètres. Et si c'était cela le principal point noir du tourisme à Marrakech?

La gueule du loup

On ne compte plus les restaurants qui promettent d'offrir la meilleure cuisine du coin, les magasins qui vendent la plus authentique des marchandises, et les rooftops qui permettent de s'enivrer avec une vue imprenable sur les montagnes de l'Atlas. Chacun cherche à se tailler une part du gâteau face à l'afflux des touristes. C'est de bonne guerre.

Sauf que cette course aux clients pose un problème majeur: le touriste est au mieux harcelé, au pire arnaqué. Ce qui peut pousser les visiteurs, étrangers ou Marocains, à ne plus revenir. Il faut dire qu'il est difficile pour un touriste de venir à Marrakech sans se faire alpaguer plusieurs fois dans la journée. Dans la médina, les vendeurs n'hésitent pas à traquer les passants pour vendre leur marchandise à un prix "imbattable". Les faux-guides ne cessent d'indiquer la direction de "la place". Si un touriste perdu dans les ruelles de la vieille ville accepte de se faire conduire à Jemaa el-Fna, il sera embarqué dans un tour pas si improvisé qui le mènera souvent dans un magasin pour lequel le guide providentiel rabat des clients.

"C'est oppressant," raconte une touriste présente sur place. "Au bout d'un moment, cela ne donne même plus envie de s'arrêter devant les boutiques, c'est fatiguant". Un avis partagé par de nombreux internautes qui relatent sur les sites spécialisés leur expérience: "Nous sommes toujours et toujours sollicités et à force cela devient très désagréable!" se plaint un voyageur sur Trip Advisor. "J'étais seul a voyager, je suis un homme, et j'ai voulu raccourcir mon voyage tellement je n'ai pas aimé; les seules rencontres étaient motivées par l'argent et l'arnaque", narre un autre touriste sur le site du Routard.

Autre point noir, les chauffeurs de taxis qui refusent d'allumer le compteur. Sur dix taxis pris en une journée, seulement deux ont accepté d'effectuer leur course au tarif habituel. Les autres ont annoncé un prix fixe au moins quatre fois supérieur au tarif normal. Et les autorités ne semblent pas faire grand chose pour éradiquer le problème. "J'étais venu passer un week-end avec des amis. Le taxi a refusé d'allumer le compteur, nous lui avons alors dit de nous conduire au commissariat pour régler l'histoire. Là, les policiers lui ont dit d'allumer le compteur la prochaine fois qu'il aurait à faire face à des 'clients rigides"', raconte ce Casablancais.

Gratter derrière le ravalement de façade

En 2014, le cabinet de sondage TNS Sofres a interrogé 10.000 touristes sur leur expérience au Maroc pour le compte de l'Observatoire national du tourisme. Parmi les éléments négatifs relevés dans le sondage, figure la mendicité. Les touristes se sentent souvent agressés et harcelés par les mendiants. Les prix excessifs pratiqués dans certains magasins étaient également pointés du doigt.

Des mesures sont régulièrement annoncées par les autorités pour améliorer l'expérience des touristes. En février dernier, le ministère du Tourisme avait ainsi annoncé s'être attelé à la préparation des arrêtés d'application de la loi sur le statut des guides pour "rehausser la qualité des prestations de guidage au Maroc" et "lutter contre le phénomène des faux-guides". En juin 2015, le Conseil régional de tourisme (CRT) annonçait un lifting des restaurants présents sur place Jemaa el-Fna. Des mesures qui ne règlent finalement pas le fond du problème.

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