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Le CESE veut mettre la culture au coeur du projet de développement du Maroc

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Au Maroc, le CESE appelle à faire de la culture un droit | Wikimedia Commons
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SOCIÉTÉ - Si dans certaines pays la culture est un droit comme un autre, c'est loin d'être le cas au Maroc. Dans son rapport sur l'économie de la culture, récemment adopté, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle l'Etat à mettre la culture au cœur d'une nouvelle politique publique et assurer l’accès du plus grand nombre à la culture en tant que droit, indique le Conseil dimanche 3 juillet dans un communiqué. Ses propositions en trois points.

1. Créer un nouveau cadre incitatif

Le CESE propose ainsi d’élaborer une nouvelle stratégie afin de placer la culture et la création au cœur du projet national de société et de développement, de mettre en place un nouveau cadre institutionnel, et de développer un service public en matière de culture, imposant à l’Etat de soutenir la création en tant que levier de croissance.

Il appelle également à soutenir davantage les manifestations culturelles à l’instar des festivals, et à diversifier les sources de financement de la culture et de la création (capital-risque, mécénat, parrainage, sponsoring, crowdfunding, etc), précise le communiqué.

Dans ce cadre, le Conseil recommande d’encourager l’investissement et l'initiative entrepreneuriale dans les domaines culturel et créatif, "à travers un cadre réglementaire et fiscal incitatif et des mécanismes de soutien efficients tout en assurant le respect des droits d'auteur et de la propriété intellectuelle ainsi que la lutte contre le piratage", note-t-il encore.

2. Développer les formations artistiques

Autre volet mis en avant par le CESE, celui de la formation. Le rapport insiste sur la nécessaire mise à niveau des instituts de formation existants et la création de nouveaux établissements dédiés, ainsi que le développement de nouvelles filières universitaires pour former les jeunes aux métiers de l’éducation culturelle et de la création (animation, médiation ou gestion des activités culturelles). Et ce dans le but de "faire éclore les talents aux niveaux national et régional", indique le rapport.

A noter que la ville de Fès a récemment lancé deux projets en ce sens: la création d'un institut des beaux arts, doté d'une enveloppe budgétaire de 60 millions de dirhams, et la construction d'un grand théâtre qui bénéficiera pour sa part d'un budget de 100 millions de dirhams.

Le Conseil insiste également sur l’éducation, dès le plus jeune âge, à la culture et à l’art, "en renforçant l'intégration de la culture dans les programmes scolaires, en faisant de l’école un cadre pour la promotion de l'unité culturelle dans sa diversité, en développant la créativité individuelle et collective des élèves et en leur facilitant l’accès et la compréhension du patrimoine culturel".

Un projet pilote avait ainsi été lancé à Marrakech pendant la Biennale, visant à organiser des sorties scolaires pour faire découvrir aux élèves des écoles publiques de la région plusieurs monuments historiques de la ville. "Les écoles publiques organisent très peu de sorties scolaires", expliquait au HuffPost Maroc Ida Alaoui, responsable du programme. "A travers les questionnaires que nous avons distribués aux élèves pendant ces visites, nous nous sommes rendus compte que plus de 80% d'entre eux n'avaient jamais visité de monuments ou de musées".

3. Mieux encadrer le travail des acteurs culturels

Enfin, le Conseil appelle à prendre en considération les conditions sociales des travailleurs œuvrant dans les domaines de la culture, de l'art et de l'audiovisuel, et leur assurer un accès à la couverture médicale, à la protection sociale et notamment à la retraite et à la protection contre la perte d'emploi.

Le Conseil propose également de mettre en place des mécanismes spécifiques pour assurer la durabilité des revenus au vu de la saisonnalité du travail culturel.

En février dernier, la Commission de la communication et de la culture à la Chambre des représentants a voté les amendements de la proposition de loi relative au statut de l'artiste. Cette dernière met notamment l'accent sur la protection sociale de l'artiste, et vise à faire concorder la loi sur l'artiste avec les dispositions du Code du travail. Elle devrait bientôt être proposée en plénière à la Chambre des conseillers.

Au Maroc, si le budget alloué à la culture est passé de 233,6 millions de dirhams en 2001 à 627 millions de dirhams en 2015, il représente toujours moins de 0,5% du budget général.

Pourtant, il est de fait que la culture rapporte et crée de la richesse. En France, l'industrie culturelle, qui représente 3,2% du PIB, rapporte par exemple sept fois plus que l'industrie automobile.

LIRE AUSSI: Le Musée d'Art et de Culture de Marrakech ouvre ses portes

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