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Comment les petits commerces de proximité vivent l'interdiction des sacs plastique?

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PICERIE
Comment les petits commerces de proximité vivent le passage à l'ère "zéro mika"? | flickr.com/stephenclarkson
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ENVIRONNEMENT - Vous êtes habitués à faire vos courses dans les petits commerces du coin et avez tendance à revenir chargés de plusieurs sacs plastique? Ce sera (en théorie) de l'histoire ancienne à partir de ce 1er juillet. En effet, la loi interdisant l'usage des sacs plastique au Maroc entre en vigueur à partir de ce vendredi. Le ministère de l'Intérieur a d'ailleurs adressé une circulaire explicative aux différents walis et gouverneurs du royaume afin de mener à bien ce pas écologique que franchit le pays.

Comment se préparent donc les commerces de proximité au passage à l'ère "zéro mika"? Si certains pensent déjà à l'alternative, d'autres attendent qu'on les informe davantage.

C'est le cas d'El Houcine, qui tient une petite épicerie d'alimentation générale avenue Chellah à Rabat. Ce commerçant d'une cinquantaine d'année est toujours dans l'incompréhension. "Je ne sais pas quoi faire. Mes clients devront vraisemblablement se munir de leurs sacs lorsqu'ils souhaiteront faire leurs courses chez moi", confie-t-il au HuffPost Maroc.

Même son de cloche chez un épicier de la rue Daït Aoua à Rabat qui est convaincu que c'est à ses clients de se munir des sacs nécessaires. "Ils n'ont qu'à disposer de sacs en tissu ou en osier pour faire leurs emplettes. Les sacs plastique, c'est fini", lance le jeune commerçant qui tient son épicerie en alternance avec son grand frère.

Mais tous ne cèdent pas à la facilité. C'est le cas par exemple de la boulangerie La couronne d'or au quartier historique Hassan à Rabat. "Nous ne sommes pas parvenus à écouler nos stocks de sacs plastique à temps, mais ce n'est pas grave. Nous sommes en train d'étudier les bonnes alternatives gratuites et payantes que nous pourrons proposer à notre clientèle", nous explique le chargé de caisse de cette vieille boulangerie de la capitale.

Le gérant pense déjà opter pour des sacs en papier ou commercialiser des sacs réutilisables à sa clientèle. "Nous sommes très contents de cette décision. Nous n'aurons plus à nous plaindre des sacs plastique qui trainent un peu partout dans nos rues", estime ce commerçant dont la boulangerie ne désemplit pas en ce mois de ramadan.

D'autres épiceries de quartier ont anticipé l'interdiction des sacs plastique. C'est le cas pour cet épicier niché dans une rue de l'Agdal, toujours dans la capitale. Le commerçant d'une soixantaine d'années a déjà acheté un bon stock de sacs réutilisables, dont le prix varie entre cinq et dix dirhams, selon la taille mais aussi les motifs.

"De notre temps, les sacs plastique n'existaient pas. Nous utilisions exclusivement les sacs en papier kraft. Ce n'est que dans ma jeunesse qu'ils ont mis sur le marché ces sacs. Avant, ils étaient tous noirs. Opérer ce retour aux sources est très bien, pour l'environnement mais aussi pour la conservation des aliments", explique-t-il.

Pour les pharmacies, la solution n'a pas été compliquée. "A partir de demain, nous utiliserons exclusivement des sacs en papier recyclé", déclare la gérante de la pharmacie Chèques postaux à Rabat. "Nous recevions déjà ces sacs de manière ponctuelle. Maintenant que les sacs plastique sont interdits, c'est la solution la plus évidente qui s'offre à nous. Et c'est tant mieux."

Pour les poissonniers et les bouchers, l'affaire semble déjà réglée. "Nous utiliserons du papier pour emballer la viande et des barquettes blanches en polyester pour le reste", annonce le géant de la boucherie Al Atlas à Rabat, qui dit "être très content de cette interdiction, vu que les sacs plastique ne sont pas très bons pour conserver la viande".

Si la plupart des commerces interrogés semblent se préparer à ce changement significatif, certains ne comprennent tout de même pas encore l'intérêt de cette interdiction et craignent pour leurs revenus. "Nous craignons que cela n'encourage davantage les gens à faire leurs courses en grande surface", s'inquiète un commerçant du quartier Hassan à Rabat.

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