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Terrorisme: Le procès d'un Français à Salé ajourné d'un mois

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Ajournement du procès d'un Français accusé de terrorisme à Rabat | DR
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SALÉ - Pour le personnel du tribunal de Salé, il s'agit d'un procès comme un autre. Pour la famille de Manuel Brousta, il s'agit d'une "injustice". Ce Français avait été arrêté par la police marocaine le 6 mars à son arrivée à l'aéroport de Fès. Les autorités avaient trouvé dans sa valise des couteaux, une machette, une cagoule noire et une petite bonbonne de gaz. Il devait être jugé ce jeudi 30 juin par la justice marocaine, mais son procès a été ajourné au 28 juillet. Lors du procès, la défense a demandé la production des pièces à conviction que sont les armes qui ont été saisies lors de son arrestation.

Manuel Brousta était fiché S par la France, ce qui signifie qu'il était soupçonné de menacer la sûreté de l'Hexagone. Cet ancien militaire converti à l'islam avait été assigné à résidence par le passé.

Ses proches dénoncent ce qu'ils considèrent comme "un procès inéquitable". Interviewée par BFMTV, sa femme, également convertie, critique les conditions de son incarcération. D'après elle, les aveux que son mari a signés étaient rédigés en arabe, langue qu'il ne comprend pas.

"Il a vécu 13 jours d'interrogatoire. On l'a empêché de dormir pendant deux jours. Il a été frappé au visage, déclare-t-elle à la chaîne française. Je vous laisse imaginer son état avant de signer un dossier d'une soixantaine de pages, rédigé en arabe. Il n'a ni interprète, ni avocat et on lui dit qu'il s'agit des papiers de la perquisition. A bout de nerfs, mon mari, sans avoir vraiment le choix, signe ce dossier. Il apprendra par la suite que ce sont des aveux mensongers."

En ce qui concerne la présence des objets incriminants dans la valise du Français, son épouse raconte qu'il comptait les utiliser dans leur maison, située près de Fès. Le couple comptait s'installer définitivement au Maroc avec leur petite fille.

Toujours est-il que selon une note des services de renseignement français, citée par Reuters en mars, le militaire s'est affirmé comme un leader de fait de la communauté islamiste radicale angevine, et organisait "des entraînements sportifs de type paramilitaire avec ses coreligionnaires". Il lui était également reproché de rendre régulièrement visite à un détenu de la maison d'arrêt d'Angers "connu pour son fondamentalisme religieux" et "projetant de se rendre en Syrie à sa libération afin d'y mener le djihad".

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