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Attentat de l'aéroport d'Atatürk à Istanbul: La Turquie étranglée par la double menace du terrorisme kurde et jihadiste

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ATTENTAT ISTANBUL
Entre la menace kurde et jihadiste, la Turquie en état de siège terroriste | AFP
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TERRORISME - En frappant le centre-névralgique du transport aérien turc, les trois kamikazes responsables de l'attaque contre l'aéroport d'Istanbul qui a fait au moins 36 morts ce mardi 28 juin ont marqué les esprits. Comme un écho des attentats à la bombe qui avaient visé l'aéroport de Bruxelles le 22 mars dernier, les images d'explosions tournées par des anonymes se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Si ces scènes choquent par leur violence aveugle, elles sont une réalité presque quotidienne en Turquie, pays frappé depuis près d'un an par une longue série d'attentats commandités par l'Etat islamique mais aussi par les indépendantistes kurdes auxquels Ankara livre une guerre sans merci. Le jour même de l'attaque visant l'aéroport Ataturk, six civils et deux policiers avaient été blessés dans un attentat à la voiture piégée attribué aux rebelles kurdes dans un district de la province de Diyarbakir, dans le sud-est du pays.

Depuis le début de l'année, on recense ainsi pas moins de 16 attentats meurtriers en Turquie, faisant près de 200 victimes et au moins autant de blessés. Si la plupart sont l'oeuvre des indépendantistes kurdes, et notamment de sa branche la plus radicale, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), certaines attaques les plus retentissantes ont été attribuées à l'Etat islamique.

Daech s'en prend aux cibles touristiques

Jusqu'alors conciliante avec les organisations salafistes, la Turquie s'est ralliée à l’été 2015 à la coalition internationale qui bombarde les positions de Daech en Irak et en Syrie. Ce faisant, elle est devenue une cible privilégiée de l'organisation jihadiste, qui dispose de cellules dormantes à l'intérieur du pays et dont les attaques n'ont fait que monter en puissance. En 2015, après deux attentats à Diyarbakir (4 morts en juin) puis Suruç (34 morts en juillet), un double attentat devant la gare d'Ankara pendant un rassemblement pro-kurde faisait 103 morts le 10 octobre. Le bilan le plus lourd jamais atteint sur le territoire turc.

Début 2016, changement de stratégie pour l'Etat islamique qui s'en prend désormais à des cibles internationales, frappant le tourisme turc en plein coeur. Le 12 janvier, 12 touristes allemands sont tués dans un attentat-suicide à Sultanahmet, centre historique d'Istanbul. Le 19 mars, 4 touristes (3 Israéliens dont deux ayant également la nationalité américaine et un Iranien) sont tués dans un attentat commis par un kamikaze associé à l'EI qui se fait exploser sur la célèbre avenue Istiklal.

Mais Daech n'est pas la seule organisation terroriste à cibler le tourisme turc. Frange radicalisée et dissidente des indépendantistes kurdes du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) n'hésitent pas à s'en prendre à cette manne de l'économie turque. En février puis mars, deux attaques à la voiture piégée en plein coeur d'Ankara revendiquées par les TAK font 63 morts et plusieurs dizaines de blessés.

De son côté, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) privilégie les cibles policières et militaires dans sa lutte acharnée contre le pouvoir turc. Le PKK a notamment revendiqué l'attentat à la voiture piégée visant le siège de la police à Midyat le 8 juin dernier qui a tué un policier et deux civils. La veille, onze personnes dont sept policiers trouvaient la mort dans un attentat à la voiture piégée visant un bus de la police dans un quartier historique d'Istanbul, un crime toujours attribué au PKK.

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