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Nacer Boudiaf accuse les généraux Nezzar, Toufik, Smain et Belkheir d'avoir commandité l'assassinat de son père

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Nacer Boudiaf, fils du défunt président Mohamed Boudiaf, a accusé ce mercredi 29 juin 2016 Khaled Nezzar, Mohamed Mediène, Smaïn Lamari et Larbi Belkhir d'avoir commandité l'assassinat de son père.

Accompagné de son avocat, Me. Karim Mahmoudi au cimentière El Alia lors de la commémoration du 24e anniversaire de l'assassinat du révolutionnaire Mohamed Boudiaf, il a "officiellement" appelé le président de la République Abdelaziz Bouteflika et le Procureur général de la Cour d'Alger, Hachemi Brahmi, à rouvrir le dossier de l'enquête.

Nacer Boudiaf a fermement réitéré son rejet de la thèse officielle de "l'acte isolé", annonçant la mise en place d'un comité d'avocats algériens et étrangers, chargés de saisir le président Bouteflika pour la réouverture de ce procès, sur la base de "nouvelles révélations".

"L'assassin de mon père était en face de lui"

M. Boudiaf a ouvertement accusé ces 4 anciens généraux, dont deux à la retraite, d'avoir commandité l'assassinat de son père le 29 juin 1992.

"Ces assassins, ceux-là mêmes qui sont à l'origine de son retour en Algérie, pensaient avoir affaire à une personne sénile pour en faire une marionnette. C'était méconnaître la personnalité de cet homme de Novembre, qui, à leur grand étonnement, fera preuve d'une perspicacité implacable, qui lui a permis de comprendre la réalité du pays", a déclaré M. Boudiaf.

Lors de son discours, le fils du défunt président a rejeté une fois de plus la thèse officielle. "Nous n'avons jamais été convaincus que Lembarek Boumaârafi était l'assassin de notre père", a-t-il déclaré. Il a de ce fait énuméré les faits et les récents témoignages qui contredisent, selon lui, la version officielle.

Nacer Boudiaf a ainsi rappelé "qu'il était techniquement impossible d'assassiner un président de la République dans une salle fermée". Il a estimé que Lembarek Boumaârafi avait un complice, "un tireur posté face au défunt président".

Pour appuyer ses dires, il a évoqué le "mitraillage de l'ambulance transportant Mohamed Boudiaf" et "la liste additive de dernière minute, des membres du GIS (Groupe d'intervention spéciale) qui ne figuraient jamais dans le système de protection du chef de l'Etat".

Le même conférencier n'a pas manqué de parler des dernières déclarations de Me. Ali Yahia Abdennour, qui a soutenu que l'un des pères de la Révolution algérienne "a reçu une balle au thorax". Nacer Boudiaf a ainsi réaffirmé que l'assassin de son père "avait un complice, un tireur posté en face du défunt".

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"De nouvelles révélations"

Des propos approuvés par Me. Karim Mahmoudi, qui a affirmé que "Boumaârafi était un larbin". Dans une déclaration à la presse en marge de cette commémoration, l'avocat a annoncé que son comité "est entrain de travailler pour constituer un dossier avec de nouvelles révélations".

Il a réitéré son intention de "solliciter le président de la République en sa qualité de premier magistrat du pays de rouvrir le dossier sur l'assassinat de feu Si Mohamed Boudiaf, et saisir le Procureur général auprès de la Cour suprême pour la même procédure".

Me. Mahmoudi a fait savoir que ce comité d'avocats "a de nouveaux éléments sur cet assassinat". Tout comme Nacer Boudiaf, il a évoqué la thèse selon laquelle "l'assassin du défunt président était en face de lui", en témoigne la "fameuse tâche rouge sur son thorax".

"Une personne derrière le rideau a aussi été liquidée, nonobstant les liquidations physiques entre les services de sécurité entre eux", a rajouté Me. Mahmoudi.

"Nous sommes une dizaine d'avocats algériens et étrangers et nous allons commencer à travailler sérieusement sur la base de ces nouveaux éléments", a-t-il poursuivi, sans donner plus de précisions. "Nous organiserons ensemble une conférence de presse et nous allons tenir la presse informée des détails". Et de conclure: "J'espère que les autorités algériennes vont coopérer sérieusement".

Des dizaines de personnes sont venues commémorer le 24e assassinat du président Mohamed Boudiaf. Des citoyens, des journalistes, des militants et des personnalités politiques étaient présents pour se recueillir sur sa tombe, au Carré des Martyrs.

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