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A Rabat, des artistes masculins défendent l'égalité dans l'héritage dans une exposition (PHOTOS)

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EGALITE HERITAGE
A Rabat, des artistes masculins défendent l'égalité dans l'héritage dans une exposition | Mustapha Belkadi/DR
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CULTURE - Et si la défense de l'égalité entre hommes et femmes en matière de droits de succession passait par l'art? C'est le pari lancé par Hakima Lebbar, psychologue et directrice de la galerie d'art Fan-Dok à Rabat, qui inaugurera, le 1er juillet à la Bibliothèque nationale du royaume (BNRM) dans la capitale, une exposition intitulée "Les hommes défendent l'égalité dans l'héritage".

Une trentaine d'artistes plasticiens et caricaturistes, tels que M'hammed Kilito, Said Bouftass, Adil Kourkouni ou Mohamed Melehi présenteront leurs oeuvres jusqu'au 20 juillet (à voir dans le diaporama en fin d'article). Un livre sur le sujet est également en cours de réalisation avec la participation de nombreux hommes universitaires, écrivains, poètes, journalistes et acteurs politiques, qui écrivent en français, en arabe et en amazigh, comme les écrivains Abdellatif Laâbi, Fouad Laroui et Tahar Ben Jelloun, l'ancien ministre de la Culture Mohamed Achaari ou le chanteur Jamal Nouman.

Pour la commissaire de l'exposition, ce nouveau projet, qui succède à l’exposition et au livre collectif "Femmes et religions, points de vue de femmes du Maroc", vise à "sensibiliser à l’égalité de genre dans toutes ses formes en abordant directement l’égalité en héritage", et à "encourager le dialogue et les échanges sur cette question dans les différentes sphères de la société" à travers le prisme de la culture, "un lieu qui suscite l’échange, le dialogue et l’implication des jeunes et des moins jeunes dans la vie de la cité."

Le choix de présenter les oeuvres et textes d'artistes uniquement masculins s'inscrit dans la démarche artistique consistant à montrer que l’égalité de genre est un projet de société qui n'implique pas seulement les femmes, explique également Hakima Lebbar. "Les hommes sont aussi directement concernés car ils devront renoncer à une part d’héritage qui leur revient de 'fait' actuellement".

Débat ouvert

La question de l'égalité dans l'héritage avait suscité un vif débat en octobre dernier, après la publication d'un rapport du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), qui estimait que "la législation successorale inégalitaire participe à augmenter la vulnérabilité des femmes à la pauvreté", et appelait à amender le Code de la famille "de manière à accorder aux femmes les mêmes droits dans la formation du mariage, dans sa dissolution et dans les relations avec les enfants et en matière successorale".

Le PJD était alors monté au créneau, estimant que la recommandation du CNDH empiétait "sur les prérogatives de la commanderie des croyants et sur le discours royal de 2003, où le souverain assure qu’il ne peut pas autoriser ce que dieu a interdit, et interdire ce que dieu autorise". Selon le parti islamiste au pouvoir, cette proposition "ouvre un débat stérile sur des sujets qui sont régis par des versets coraniques clairs et irréfutables". Dans le Coran, Dieu recommande, concernant le partage des biens entre les enfants, "de donner au fils la part de deux filles".

Si l'article 19 de la Constitution indique que "l'homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental", il est précisé que cela doit se faire "dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume". "En évoquant les lois et constantes du royaume, l’article 19 prend des précautions et prévoit une échappatoire", indiquait au HuffPost Maroc la juriste Michèle Zirari, rappelant que dans le domaine de la famille, "c’est le droit musulman qui prévaut".

Découvrez quelques unes des oeuvres exposées dans le diaporama ci-dessous:

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Exposition "Les hommes défendent l'égalité dans l'héritage"
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