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El Habib Choubani de nouveau dans la tourmente

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EL HABIB CHOUBANI
Face à cette polémique, le président de la région Darââ-Tafilelt n'a pas tardé à réagir via un communiqué. | DR
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POLÉMIQUE - S’il est un responsable du Parti de la justice et du développement (PJD) qui a enchaîné polémiques et scandales, et a considérablement écorné l’image du parti, c’est bien El Habib Choubani. Discret depuis son départ (forcé) du gouvernement d’Abdelilah Benkirane sur fond de controverse romantico-polygame, le voici de nouveau sous les feux des projecteurs, suite à des accusations de dilapidation des deniers publics dont il fait l'objet.

Samedi 25 juin, les internautes marocains apprenaient que l’actuel président de la région Drâa-Tafilalet avait dédié quelque 3 millions de dirhams du budget de la région à l’achat de sept voitures 4*4 de marque Volkswagen Touareg. Une information qui a provoqué la colère des internautes et des médias, considérant cette acquisition comme "une dilapidation des deniers publics de la région la plus pauvre du royaume".

"La Cour des comptes devrait enquêter"

Plusieurs politiques et acteurs de la société civile ont également manifesté leur désaccord avec Choubani. Fadoua Rajouani, militante de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et membre de la délégation régionale des droits de l'Homme à Agadir a déclaré à nos confrères du HuffPost Arabi que "la Cour des comptes devrait enquêter sur les circonstances de ce gaspillage non justifié de l'argent public".

Même Abdelaziz Aftati, député issu du parti islamiste, s'est montré virulent à l'égard de l'ex-ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile. Dans un entretien au site d'information Alyaoum24, il a estimé que "le président de région devrait justifier ces acquisitions". Pour lui, "lorsqu'on achète des voitures de fonction, elles devraient être de tailles différentes qui conviennent à différents usages". Aftati en a d'ailleurs profité pour appeler les citoyens à signer une pétition adressée au conseil de la région afin de s'insurger contre l'achat des sept voitures.

choubani

Une caricature postée sur Facebook

Face à cette polémique, le président de la région Darââ-Tafilelt n'a pas tardé à réagir via un communiqué. Selon Choubani, "la région ne disposait d'aucune voiture de fonction" qui permettrait aux employés de mener à bien leurs missions. Mais qu'en est-il du choix des voitures, des 4*4 allemands plutôt luxueux? Pour le responsable, il se justifierait par "la topographie de la région". Choubani a également assuré avoir pu obtenir un rabais de 70.000 dirhams par voiture et que cet achat s'est fait dans le respect de la loi. Choubani a même dit qu'il serait prêt à acquérir un hélicoptère pour sa région.

Quarante chambres dans un hôtel luxueux

El Habib Choubani pensait s'en sortir, mais c'est sans compter sur la fuite d'une autre information prouvant une nouvelle fois les goûts de luxe du président de la région. Dans son édition du mardi 28 juin, le quotidien de l'USFP Al-Ittihad Al-Ichtiraki révèle que le responsable "aurait réservé, le week-end dernier, quarante chambres dans un hôtel luxueux à Midelt pour les membres du Conseil régional en pension complète". Seul bémol: les membres du conseil ne sont que... 24, souligne le journal ittihadi. Jusqu'à présent, El Habib Choubani ne s'est pas encore expliqué sur les motifs et les raisons justifiant ce week-end au soleil.

Al-Ittihad Al-Ichtiraki, lui, avance qu'en réservant des chambres d'hôtel pour les membres du conseil de sa région, "Choubani aurait cherché à calmer les esprits des membres du Conseil régional qui n'ont pas bénéficié des largesses du président PJDiste et, surtout, des fameux 4*4".

D'habitude discret, El Habib Choubani s'attire, à chacune de ses sorties ou de ses prises d'initiative, les foudres de l'opinion publique et mêmes des militants du parti auquel il est affilié. Avant l'achat de ces sept 4*4, le responsable PJD avait déjà succombé à la tentation et acquis deux voitures de marque Mercedes, pour lui et son premier adjoint, pour plus d'un million de dirhams, selon des médias.

L'ex-ministre est également réputé pour son sexisme assumé. En 2014, il avait refoulé une journaliste du parlement parce que celle-ci était habillée d'une jupe, ne manquant pas de la sermonner sur sa tenue. Un fait-divers qui avait encore une fois fait scandale.

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