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Mohamed Abbou: "Il n'y a pas d'échanges commerciaux entre le Maroc et Israël"

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DATTES
Les dattes israéliennes s'invitent une nouvelle fois au parlement | DR
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PARLEMENT - Mardi 28 juin, dans le cadre de la séance hebdomadaire de questions orales à la Chambre des représentants, le ministre chargé du Commerce extérieur a été questionné par le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) sur la commercialisation de dattes d'origine israélienne au Maroc.

Alors que l'Etat marocain a officiellement interdit la commercialisation de dattes israéliennes au royaume, celles-ci continuent d'"entrer au Maroc par des voies détournées", a déclaré Abbou. "Elles sont soit importées par contrebande, soit leur étiquetage est changé pour en dissimuler l'origine", a-t-il poursuivi.

La réponse du ministre a visiblement déplu au premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) Driss Lachgar, qui a martelé: "Il est insensé de prétendre qu'il ne s'agit que d'une histoire de contrebande. Et les 50 millions de dollars d'échanges commerciaux entre le Maroc et Israël, ça aussi, c'est de la contrebande? Lors de la discussion de la loi de finances 2016, nous avons demandé l'incorporation de dispositions interdisant la normalisation avec Israël. Le gouvernement a rejeté nos amendements, sous prétexte qu'elles sont en contradiction avec la législation internationale."

Mohamed Abbou rejettera les chiffres avancés par Driss Lachgar: "D'où tirez-vous ce chiffre de 50 millions de dollars? Les données officielles sont consultables chez l'Office des changes, et ils sont clairs: il n'y a pas d'échanges entre le Maroc et Israël", a répondu le ministre, reprenant ainsi le discours officiel du Maroc sur les échanges Maroc-Israel, "inexistants" selon le royaume.

Et Abbou de réitérer: "Ce sont les importateurs qui camouflent l'origine des dattes israéliennes. Et l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSA) travaille nuit et jour pour interdire ces produits".

Une pratique dénoncée par la classe politique

Pratique courante en France, où il arrive même que les dattes soient présentées hors de leur emballage afin que les consommateurs ne se rendent pas compte qu’elles proviennent d’Israël, le changement de l'étiquetage par des importateurs marocains pour "flouer" les consommateurs sur l'origine de ces dattes a précédemment été dénoncé par Adil Tchikito, député de l'Istiqlal et membre de la commission des Secteurs sociaux à la Chambre des représentants, qui a adressé, il y a quelques semaines, une question écrite au ministre de l'Agriculture Aziz Akhannouch, dans laquelle il l'interroge sur les mesures qu'il aurait prises pour lutter contre les "fraudes" des importateurs de dattes israéliennes cultivées dans les "territoires palestiniens occupés".

Quelques jours plus avant la sortie de Tchikito, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi, interpellé sur la question, avait indiqué que les dattes israéliennes entraient au Maroc par des voies détournées, en recourant à des intermédiaires originaires d'autres pays, ce qui est "inacceptable".

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