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Le président par intérim du Polisario veut négocier directement avec le Maroc

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KHATRI ADDOUH
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SAHARA - Depuis le décès de l'ancien secrétaire général du Polisario Mohamed Abdelaziz, des voix s'élèvent pour demander la mise en place de négociations directes entre le Maroc et le Polisario autour de la question du Sahara.

Aujourd’hui, c’est le secrétaire général et président intérimaire du front, Khatri Addouh, qui appuie cette requête. Dans un courrier adressé dimanche au secrétaire général des Nations unies Ban-Ki-moon, et relayé par la presse algérienne, Addouh demande à ce qu’un "plan pour un processus de pourparlers directs, intenses et de haut niveau entre le Front Polisario et le Maroc" soit mis en place, en présence des "acteurs principaux de deux parties".

Ce plan, qui doit être préparé "conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Assemblée générale" a pour objectif de "résoudre le conflit" autour Sahara d’ici "la fin de 2016", indique Addouh.

Seulement, le Polisario et le Maroc, n'entendent pas la même chose en parlant de "résolution du conflit". Si, pour Addouh, les pourparlers devraient déboucher sur un référendum proposant l'option d'indépendance, le Maroc y verrait plutôt une occasion de réitérer la proposition d'autonomie, considérant qu'il s'agit d'une forme d'autodétermination au même titre qu'un processus référendaire.

Dans sa lettre, le secrétaire général intérimaire du front appelle également au "retour de la Minurso" au Sahara. "Jusqu’à présent, nous ne constatons pas de progrès vers le rétablissement de cette composante dans ses fonctions", estime-t-il.

Un décès et des incertitudes

Le 31 mai 2016, l'ex-chef du Polisario Mohamed Abdelaziz est décédé des suites d'une longue maladie. Khatri Addouh, qui était jusque là président du Conseil national du Polisario, assure depuis la présidence par intérim du front. Des élections pour désigner le nouveau chef du front devraient avoir lieu d’ici une dizaine de jours, mais les dissensions internes et les désaccords sur les éventuels candidats à la direction du front pourraient, selon plusieurs sources, causer le report de l'élection du nouveau secrétaire général.

Début juin, l'hebdomadaire arabophone Al Ousboue Assahafi avait appelé, dans un long dossier, le Maroc à négocier directement avec le secrétaire général du Polisario. Et pour cause. Khatri Addouh, aurait selon la même source participé par le passé à des négociations – secrètes et informelles – avec le Maroc.

Dispose-t-il, pour autant, de la légitimité requise pour mener des négociations avec le Maroc? Une question qu'Al Ousboue Assahafi élude. Secrétaire général et président intérimaire du front Polisario, il ne peut vraisemblablement pas prendre des décisions aussi stratégiques, qui engagent l'avenir du Polisario. D'autant que Khatri Addouh ne peut présenter sa candidature au poste vacant de SG du Polisario et de président de la RASD proclamée par le Polisario, interdiction ayant été faite, par l'article 62 de la Constitution du front, au président intérimaire de se présenter candidat au poste vacant.

Le plan d'autonomie, proposé par le Maroc en 2007, repose "sur un transfert de compétences aux populations du Sahara, en tenant compte des spécificités locales et ce dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du royaume".

Pour ce faire, "les populations du Sahara géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives. Elles disposeront des ressources financières nécessaires au développement de la région dans tous les domaines et participeront, de manière active, à la vie économique, sociale et culturelle du royaume".

D'autre part, "l’Etat conservera ses compétences dans les domaines régaliens, en particulier la défense, les relations extérieures et les attributions constitutionnelles et religieuses du roi". Le plan d'autonomie est considéré comme sérieux, réaliste, crédible par plusieurs pays comme la France, l'Espagne ou encore les Etats-Unis.

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