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Au CPP, le "couvre-feu" numérique et le désert des ressources humaines publiques (VIDÉO)

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"Le jour où Chakib Khelil aura un procès, le problème de la fraude au bac sera réglé ". Telle a été la solution donnée par Abed Charef, journaliste politique, à la fin de l’émission du Café presse politique (CPP) de radio M, du mercredi 22 juin (enregistrée en soirée en raison du mois du ramadan). Mais le gouvernement, lui, préfère couper internet.

Est-ce que la coupure internet décidée par le gouvernement pendant le rattrapage des épreuves du baccalauréat qui se sont déroulées cette semaine est légale ? a interrogé l’animatrice Souhila Benali en ouverture d’émission.

"Sur le plan commercial, c’est clairement une atteinte aux droits des consommateurs"" a répondu Farid Farah, le spécialiste TIC de Radio M.

"Le gouvernement a voulu instaurer "couvre-feu" numérique mais ce n’est pas une solution, c’est une suppression du problème", a-t-il poursuivi avant d’ajouter : "Il est temps de tirer les leçons de cette crise et d’arrêter d’organiser les examens du bac avec les mêmes méthodes qu’à l’époque où il n’y avait pas internet".

Pour Saïd Djaafer, directeur éditorial du Huffington Post Algérie, la décision de couper les réseaux sociaux est "une démarche complètement insensée". "Il faut réformer le baccalauréat", a-t-il plaidé. "C’est un examen qui devient absurde".

Mais le gouvernement algérien est-il capable de régler un problème sans stopper ou perturber l’économie du pays a interrogé Ihsane El Kadi, directeur d’Interface Médias, l’agence éditrice du site économique Maghreb Emergent. "Malheureusement ce qui s’est passé rend compte d’un pays qui n’est pas suffisamment connecté pour réaliser qu’une coupure internet est extrêmement dommageable".

Un bac, opération sécuritaire

Akram Kharief, éditeur du site "Secret difa3" a, quant à lui, exprimé son désarroi face à la réaction de la ministre des Postes et des TIC, Houda- Imane Faraoun. "J’ai été outré par son attitude paternaliste nous disant qu’il faut accepter la coupure et se sacrifier tandis qu’une année auparavant à Genève, elle tenait complètement le discours inverse ".

"Le pouvoir a sur-réagi car il était face à un discrédit immense" a ajouté Saïd Djaafer. "Est-on obligé d‘écouter ces gens", s’est agacé Abed Charef. "La plus grande révolution de ce XXIe s, internet, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, et Imane Faraoune ont en fait un problème. Il n’y a plus rien à dire après ça !"

"Depuis quelques années le bac est devenue une opération plus sécuritaire que pédagogique" a poursuivi Abed Charef. "Cette fois-ci, on a fait une expérience grandeur nature pour se préparer à une situation" a-t-il avancé. Un scénario partagé par Ihsane El Kadi : "On sait ce qui va se passer à la prochaine poussée populaire, les libertés numériques vont être piétinées".

Crispation

En seconde partie d’émission, les journalistes du CPP ont tenté de décrypter les récents changements intervenus à la tête de plusieurs grandes entreprises publiques. "Je ne vois pas de reprise en main" a commenté Saïd Djaafer. "Ça fait très longtemps que l’histoire de l’autonomie des entreprises est morte : la tutelle c’est le ministre même s’il y a un conseil d’administration donc quand il y a un changement de ministre, on change le patron de l’entreprise".

"Il y avait un rapport de force et des intérêts tranchés" a souligné, de son côté, Abed Charef. "Maintenant qu’il y a moins d’argent, la répartition va devenir plus difficile"" a-t-il pointé en prédisant que "logiquement ces changements vont se poursuivre".

Quant à Ihsane El Kadi il a mis en évidence la "raréfaction des chefs d’entreprises avec une vision". "Il y a un désert de ressources humaines publiques", a-t-il relevé. "A chaque nouveau changement, il y a une volonté de l’Etat de maintenir un minimum d’efficacité qu’il n’arrive plus à satisfaire. C’est inquiétant".

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