Huffpost Maroc mg

Zéro Mika: Coup d'envoi du week-end de ramassage des sacs en plastique à Bir Jdid

Publication: Mis à jour:
ZERO MIKA BIR JDID
Bir Jdid, un puits de l'écologie (le temps d'un week-end) | COP22/Facebook
Imprimer

SACS PLASTIQUE – Vendredi, 16 heures environ, la petite commune de Bir Jdid (littéralement nouveau puits), située à une quarantaine de kilomètres au sud de Casablanca, plutôt calme en semaine, est prise d’assaut par une foule de "défenseurs" écolos. Plus de 600 bénévoles, représentant une quarantaine d’associations de la région, se sont donnés rendez-vous sur le site qui abrite habituellement le souk hebdomadaire du jeudi (souk lkhmiss), pour lui donner un nouveau souffle.

Tous ont répondu présents à l’appel de la Coalition marocaine pour la justice climatique (CMJC), un réseau de près de 200 associations, syndicats, réseaux de la société civile et mouvements sociaux marocains, constitué le 7 février 2016 à Rabat, pour donner le coup d’envoi du "week-end national de ramassage des sachets plastiques", programmé du 24 au 26 juin 2016. Équipés de grands sacs verts en plastique, "moins nocifs pour l’environnement selon les organisateurs", ils sont manifestement contents de contribuer à la protection de la nature.

"On est venus aujourd’hui pour participer à la campagne de sensibilisation Zéro Mika. Les gens doivent prendre conscience que les sacs en plastique sont mauvais pour la santé et l’environnement. Cette opération de ramassage est une très bonne initiative, mais le plus important, c’est d’arriver à convaincre les gens de ne plus utiliser les sacs en plastique, ou au moins d’en réduire l’utilisation", nous confie Said, 22 ans, étudiant en mécanique à l’Institut spécialisé de technologie appliquée (ISTA), à El Jadida.

Enthousiasme

"Comme vous voyez, il y a des jeunes qui sont venus de Casablanca, Rabat, El Jadida et plusieurs autres villes pour participer à l’opération. Tout le monde est content de contribuer", indique de son côté Abdelali Toufani, membre de l’Association santé et environnement pour le développement et la solidarité.

L’opération en question s’inscrit dans le cadre de l'opération "Zéro Mika", initiative de sensibilisation à l’impact des déchets plastiques sur la santé et l’environnement et de mobilisation pour leur ramassage, lancée en amont de la 22e Conférence annuelle (COP22) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra en novembre prochain à Marrakech.

"Notre association est peut-être la première de Bir Jdid à s’être intéressée à la question de l’environnement. Aujourd’hui, on est là pour participer au lancement de l’opération Zéro Mika. C’est la première opération du genre dans la région du Grand Casablanca. J’espère qu’elle sera vraiment généralisée dans tout le pays", poursuit-il.

Yassine Cherkaoui, président de l’association "WIAM" pour la culture, l’art et les affaires sociales à Casablanca, est tout aussi enthousiaste: "On est là pour participer à la campagne avec nos frères de la société civile de Casablanca, Rabat, Temara, Bir Jdid. Il y a des jeunes, des moins jeunes, des enfants, des filles et des garçons, des femmes et des hommes qui sont venus pour participer au lancement".

Beaucoup d’enfants en effet sont venus donner un coup de main. Selon Abderrahim Sekkira, membre du secrétariat général de la CMJC, entre 30 à 40 associations sont représentées, "outre celles de Bir Jdid dont on ne connait pas encore le nombre de ses associatifs présents. Au total, il y a entre 600 et 700 bénévoles".

"En tant que jeunes, on a adhéré à cette initiative pour lutter contre ce fléau qui est très nocif pour la santé de l’homme et de l’animal. On est là pour prendre part à cette action très positive à nos yeux", explique Nihou Othmane, secrétaire général de l’association Jeunesse ouvrière marocaine (JOM).

"Tout s’est très bien passé. Beaucoup de gens ont répondu présents et l’opération a trouvé un écho favorable", se réjouit aussi Abderrahim Attaouri, président de l’association "Hizam Lmoubadara" pour le développement durable, également présent sur place.

Une "problématique épuisante"

Le Conseil municipal, les autorités locales et les citoyens de Bir Jdid sont "tous ravis d’accueillir aujourd’hui cette initiative". C’est ce que nous assure aussi Sqouqaa Mouloud, président du Conseil municipal de Bir Jdid et homme d’affaires par ailleurs.

"Le but est de faire comprendre aux gens que le sac plastique est dangereux, pour la terre, les champs, l’homme et l’environnement. C’est une problématique qui épuise le conseil municipal, financièrement et moralement", regrette-t-il, avant d'ajouter: "la société civile et les habitants, femmes et hommes, doivent se mobiliser pour en finir".

Cette opération de ramassage a été lancée à six jours de l’entrée en vigueur de la loi qui doit interdire, à partir du 1er juillet, les sacs plastique au Maroc. Le texte de loi, adoptée en Conseil de gouvernement, puis par les deux chambres du parlement, interdit toute production, importation, exportation, commercialisation et utilisation de sacs plastique destinés à l’emballage, mais autorise l’utilisation des autres types de sacs notamment isothermes, ceux utilisés pour les serres agricoles ou encore pour la collecte d’ordures. Il prévoit aussi des amendes et des sanctions pour les réfractaires.

Pour réussir son application, le ministère de l’Intérieur a adressé en début de semaine une circulaire explicative aux walis et aux gouverneurs. Dans celle-ci, le département de Mohamed Hassad a annoncé notamment la création d’un comité provincial pour le suivi et la coordination de l’opération.

Les walis et gouverneurs sont aussi priés de repérer les zones qui seront concernées par le ramassage des sacs en plastique et de détruire ces derniers dans les fours de cimenterie. Des accords ont été signés dans ce sens, avait alors souligné le ministère.

LIRE AUSSI:

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
Les alternatives aux sacs plastique
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction