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Tunisie: La crise de l'industrie du livre. Comment y remédier?

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CULTURE- L'industrie du livre tunisien et les moyens de promouvoir le secteur de l'édition ont été au coeur du débat de la première rencontre dans le cadre d'un cycle de discussions organisé désormais par le ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine.

Consacrée au secteur du livre, la rencontre s'est déroulée le 23 juin à la Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT) en présence de la ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine Sonia M'barek et d'un grand nombre d'éditeurs, distributeurs et représentants des différentes structures concernées.

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La rencontre "de diagnostic et d'identification" a été une occasion pour passer en revue l'état des lieux actuel de l'industrie du livre tunisien, les problématiques qui se posent et qui entravent son fonctionnement et son évolution ainsi que pour écouter de plus près les préoccupations des professionnels et les propositions qu’ils suggèrent pour trouver, dans une première étape, les solutions adéquates à court terme pour faire face à la crise que connait le secteur.

Un grand nombre d'intervenants a souligné la nécessité de réviser la politique de soutien à l'égard du livre tunisien, en proposant d'accroitre les subventions accordées en matière de papier et d'élargir la base des bénéficiaires tout en appelant les éditeurs à respecter les dispositions en vigueur afin que les fonds publics profitent aux vrais bénéficiaires.

L’accent a été mis sur l'importance de développer l'activité de la commission des acquisitions au sein du ministère et d'augmenter le budget consacré à l'acquisition des livres surtout que le secteur bénéficie depuis le 14 janvier 2011, d'un vaste climat de liberté d'expression.

Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de renforcer le dispositif des incitations fiscales et financières afin de réduire le coût de production du livre et de dynamiser les interventions de la Commission afin d'encourager la production littéraire et artistique, sachant que les fonds alloués ne dépassent pas 6 pour cent.

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Dans ce contexte, le président de l'Union des éditeurs tunisiens (UET) Mohamed Salah Maalaj a fait observer que le secteur du livre connait une profonde crise depuis des années et que la succession de plusieurs ministres à la tête du ministère a entrainé une certaine inertie dans le suivi des secteurs qui nécessitent des mesures urgentes et un suivi permanent pour arrêter une stratégie claire et cohérente à même de promouvoir notamment le secteur du livre.

Après la révolution, a-t-il expliqué, le secteur du livre tunisien a connu une certaine relance au niveau de la production et de l'édition et ce, malgré l'accroissement du cout d'impression (à la lumière de la baise du taux de change du dinar tunisien). Dans un premier pas et en vue de remédier à certaines lacunes, Maalej a appelé à accroître le budget de la commission des acquisitions pour l'année 2016.

Il a, par ailleurs, proposé d'ouvrir le marché du livre scolaire et universitaire devant les éditeurs tunisiens et de mettre en place les mécanismes adéquats en concertation avec les ministères concernés, ce qui est susceptible à son avis, d'améliorer également la qualité du livre tunisien. Il a, en outre, appelé à promouvoir le système d'octroi de prix nationaux en vue d'encourager les auteurs à écrire et les lecteurs à acheter et à lire.

En ce qui concerne la participation des éditeurs tunisiens aux grandes manifestations internationales ayant rapport avec le livre, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger, le président de l'UET a appelé à réviser les procédures adoptées dans ce sens afin de faire connaitre au mieux le livre et les auteurs tunisiens.

Evoquant la Foire internationale du livre de Tunis, Maalej a souligné l'importance de restructurer cette manifestation en proposant de mettre en place un bureau permanent et de faire participer l'Union des éditeurs tunisiens dans sa gestion et organisation.

Pour sa part, le responsable de la direction du livre au sein du ministère Ezzeddine Laabidi a fait savoir que le budget consacré au mécanisme en charge des subventions du papier a atteint 800 mille dinars en 2015 et a dépassé 1,2 million de dinars au cours de la même période pour le mécanisme d'acquisition du livre tunisien.

Les fonds consacrés à l'acquisition des périodiques et des revues dans la même année est de l'ordre de 400 mille dinars. Il a, à cet égard, mis l'accent sur la volonté du ministère de développer le travail de ces deux mécanismes de manière à contribuer à la dynamisation du secteur de diffusion en Tunisie.

Dans ce même volet, il a fait savoir que le ministère de tutelle s'emploie à mettre en place des incitations fiscales en vue de réduire le coût de production du livre tunisien, et ce, en parfaite concertation et coordination avec les différentes structures concernées sachant que le Centre national du livre dont la décision de création a été annoncée depuis deux ans, va inévitablement contribuer à réaliser la mutation escomptée au niveau de la promotion du livre tunisien.

Le ministère, a-t-il mentionné, a également décidé de relancer le prix "Abou el Kacem Chebbi" en coordination avec une institution bancaire mécène et d'augmenter son montant et qu'un accord a été signé avec la Poste tunisienne pour faciliter l'exportation du livre tunisien.

Dans son intervention, la ministre de la culture et de la sauvegarde du patrimoine Sonia M'barek a relevé que le secteur du livre connait un grand nombre de problèmes faisant observer que cette rencontre vise, dans une première étape, à cerner les grands problèmes qui nécessitent des mesures à court et à moyen terme sachant que la deuxième rencontre prévue le 1er juillet sera réservée à l'inscription des propositions et des solutions réelles et radicales dans une sorte de feuille de route claire, réfléchie, pratique et apte à être concrétisée, et ce, dans le cadre d'une approche participative.

La concrétisation de ces propositions, a-t-elle insisté doivent démarrer dans l'immédiat au cours des prochaines mois pour mettre ainsi les premiers jalons de la stratégie du livre.

Dans ce sens, le ministère, a-t-elle précisé est en train de mettre en place un guide qui identifie clairement et dans la transparente les conditions pour bénéficier des interventions du Fonds d'encouragement à la création littéraire et artistique et d'encourager également le jeune éditeur tunisien.

Il est à rappeler que cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'ouverture d'un cycle de discussions sur les solutions à court, moyen et long terme pour les secteurs du livre, du cinéma, du théâtre, des arts plastiques et de la musique.

L’objectif étant de discuter non pas des états des lieux uniquement mais aussi de définir les cinq priorités afin de mettre en œuvre un plan d’action cohérent et efficient pour faire face aux différentes difficultés et promouvoir petit à petit chacun des secteurs.

Après le premier débat avec les auteurs, éditeurs, libraires et distributeurs le 23 juin à la Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT), quatre autres rencontres sont prévues au Centre culturel international de Hammamet selon le calendrier suivant : le cinéma (28 juillet), le théâtre (5 Août), les arts plastiques (8 août ) et la musique (17 août).

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