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La sortie du Royaume-Uni de l'UE promet une autre épreuve à une économie algérienne fragile

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Alors que les supputations des analystes entrevoyaient un vote en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (UE), voilà que la victoire, mal anticipée, du Brexit vient, comme première conséquence, semer le chaos sur les marchés ce vendredi 24 juin, qui sera une date maudite, pour nombre de pays dont l’Algérie qui continue, contre vents et marées, à vivre de la rente pétrolière à laquelle les responsables n'arrivent toujours pas à trouver des alternatives.

Les derniers chiffres publiés par le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes, montrent en effet, que le déficit commercial de l’Algérie a grimpé à près de 10 milliards de dollars (mds usd) sur les cinq premiers mois 2016 contre un déficit de 7,23 mds usd à la même période de 2015, soit une hausse du déficit de 35,5%, alors que les hydrocarbures continuent à représenter 92,96% du volume global des exportations, avec un montant de 9,13 mds usd durant les cinq premiers mois, contre 14,5 mds usd à la même période de 2015 (-37%).

L’économie algérienne risquera d’autant plus d’être prise dans la tourmente, qu’en plus du tarissement des ressources financières, le climat des affaires est loin d’être attractif pour les investisseurs, de même que les perspectives et les "solutions" annoncées par les dirigeants ne semblent pas convaincre les observateurs en général et les économistes en particulier. Ces derniers considèrent que ce sera un coup très dur pour une économie fragile, car il l’est déjà, pour des économies, autrement plus solides, qui redoutent les conséquences à plus long terme de la décision des Britanniques de faire cavalier seul.

Chaos sur les marchés mondiaux, chute des cours du pétrole

Dès l’annonce de la victoire du Brexit, autrement dit le vote en faveur de la sortie du Royaume-Unis de l’UE, les marchés mondiaux, surpris par ce vote, ont été pris de panique. Les indices boursiers, les banques et les cours sur les places financières s’effondrent. Seul l’or, en sa qualité de valeur refuge a bondi ce vendredi pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de deux ans.

Ce vote a lourdement pesé sur les cours du pétrole, le baril de Brent cédant ce matin, près de 5% à 48,56 dollars, selon l’Agence Option Finance (AOF). De son côté, le WTI américain perdait 4,91% à 47,9 dollars le baril.
Dans les échanges électroniques en Asie, les cours du brut ont perdu plus de 6%. "Nous voyons le pétrole être emporté par la fébrilité générale des marchés face au vote", a souligné sur Bloomberg, News Ric Spooner, analyste chez CMC Markets à Sydney.

S’agissant des cours des principales monnaies, sur le marché des changes, qui cote en continu, la livre s’effondrait de 7,66% face au dollar vers 8h30 par rapport à son niveau de la veille, et de 5,77% face à l’euro. L’euro perdait 2,68% face au dollar à la même heure, la monnaie unique étant également impactée par le choc du Brexit, même si le Royaume-Uni n’était pas membre de la zone euro.

L’impact a été très marqué pour les bourses des deux principaux ‘’leaders’’ de l’UE, France et Allemagne, les bourses de Paris et de Francfort ayant chuté de près de 10%, alors que celle de Londres à chuté de plus de 7%. Et l'onde de choc s’est étendue à toutes les places européennes.
Dans la région Asie-Pacifique, Sydney et Séoul cédaient plus de 3%, et Shanghai plus de 1%.

Branle-bas de combat pour faire face aux conséquences du Brexit

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur le marché des changes en vue de stabiliser la situation après la victoire du Brexit, au moment où l'euro est tombé en début de journée sous la barre de 1,07 franc, à 1,0624 franc, un plus bas depuis août 2015.

Le Crédit Suisse a prédit, quant à lui, une pression interventionniste sur la BNS, alors qu’UBS, l’autre grande banque suisse, s’attend à ce qu’une grande volatilité s'empare des marchés. Elle espère une action coordonnée des banques centrales européennes pour limiter les dégâts.

De son côté, la Banque du Japon (BoJ) a indiqué qu’elle était ‘’prête à injecter des liquidités’’, en coopération avec les autres banques centrales, pour limiter l'impact sur les marchés. La Banque d'Angleterre (BoE) a elle aussi affirmé qu’elle allait ‘’prendre toutes les mesures nécessaires’’, selon l’AFP.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a déclaré vouloir parler avec la chancelière allemande Angela Merkel afin d'éviter une "réaction en chaîne" après le vote des Britanniques, alors que la France a appelé l'Europe à réagir, rapporte l’agence suisse (ats).

Le président français, François Hollande, s'est d’ailleurs, entretenu avec la chancelière allemande ainsi qu’avec le président du Conseil européen Donald Tusk avant de présider, quelque temps après, une réunion de crise à l’Elysée à laquelle était présent le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

De son côté, le ministère allemand des Affaires étrangères, a annoncé que les chefs de la diplomatie des six pays fondateurs de l'Union européenne se réuniront samedi à Berlin pour évoquer les conséquences du référendum britannique.

Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, recevra samedi les ministres des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, néerlandais Bert Koenders, italien Paolo Gentiloni, belge Didier Reynders et luxembourgeois Jean Asselborn, pour des discussions et un échange sur les thèmes actuels de la politique européenne.

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