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Comment les sondages sur le Brexit ont raté la victoire du "Leave"

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EUROPE - Après le référendum sur l’appartenance du Royaume Uni à l’Union européenne, les médias britanniques ont annoncé la victoire du “leave” (quitter), par une marge étroite qui a pris une bonne partie de la nuit avant de se dessiner. La BBC estime que le “leave” l’emportera par environ 52 % contre 48 % pour le “remain” (rester).

Les sondages indiquaient que le résultat serait serré, mais la plupart des enquêtes de dernière minute faisaient ressortir le “remain” en tête. Deux instituts en ligne ont mené des sondages le jour du scrutin, jeudi, qui ont été publiés après la fermeture des bureaux de vote. YouGov et Ipsos-MORI ont tous les deux conclut que le “remain” l’emporterait - YouGov prédisait un écart de 4 points, contre 6 pour Ipsos-MORI.

Ces deux sondages n’ont pas été pris en compte par le HuffPost Pollster pour établir la moyenne des enquêtes d’opinion sur le référendum, dans la mesure où ils ont été réalisés alors que le scrutin était en cours. La moyenne de l’ensemble des sondages publiés avant l’ouverture des bureaux de vote jeudi matin donnait le “remain” devant le “leave” par 0,5 point de pourcentage.

Ce serait tomber dans la facilité que d’affirmer, en s’appuyant sur ces chiffres, que les sondeurs se sont trompés. Mais les moyennes différaient, suivant le type de sondages pris en compte. Tout au long de la campagne, les enquêtes ont donné des résultats divergents suivant qu’elles étaient menées en ligne ou par téléphone.

sondages brexit

La moyenne des sondages internet donnait une estimation moyenne de 1,2 point en faveur du “leave”, alors que celle des enquêtes téléphoniques donnait une avance de 2,6 points au “remain”. De 6 à 9 % des personnes interrogées se déclaraient indécises, d’après les tendances observées.

sondages brexit

Dans cette configuration, les sondages en ligne penchaient plus pour une victoire du “leave”. Ca ne signifie pas que tous les sondages internets donnaient des prédictions fiables et que les enquêtes téléphoniques n’étaient pas dignes de confiance. Quelques sondages internets ont prédit une avance importante au “remain” dans leurs dernières livraisons. Les enquêtes téléphoniques ont sans exception favorisé le “remain” pendant la dernière semaine de la campagne, mais avaient identifié une remontée du “leave” environ 10 jours avant le scrutin.

Certains signaux pouvaient laisser penser que les sondages étaient susceptibles de se tromper. Les enquêtes d’opinion menées dans le cadre de référendums représentent des défis considérables, en premier lieu à cause de l’absence d’historique récent qui contribuerait à évaluer les taux de participation. De plus, nous ne disposions pas de sondage de sortie des urnes pour déterminer ce qui s’est réellement passé en matière de participation rapportée à la structure démographique.

Le scepticisme à l’égard des sondeurs est demeuré très élevé au Royaume Uni depuis les élections législatives de 2015, et l’échec des enquêtes d’opinion à évaluer l’ampleur de la victoire des conservateurs. Les sondeurs ont fait savoir qu’ils avaient apporté des améliorations à leurs méthodes lors des élections locales de mai dernier, mais le référendum sur le Brexit devait être leur premier test de grande ampleur. Certains instituts l’ont passé avec succès ; pour d’autres, manifestement, il y a encore du travail.

Et il reste clair, encore une fois, qu’il n’existe pas d’“étalon-or” infaillible pour mener des enquêtes d’opinion pré-électorales.

Cet article, initialement publié sur le Huffington Post Etats-Unis, a été traduit de l’anglais par Mathieu Bouquet.

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