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Les marchés réagissent (très) mal à la victoire du Brexit

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BREXIT BOURSE LIVRE
Twitter/ MatthewPhilips
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Ils n'y croyaient, ils en seront pour leurs frais. Les marchés connaissent un réveil très difficile ce 24 juin avec la victoire quasi certaine du Brexit au Royaume-Uni.

Dans un premier temps, le vent semblait tourner vers la victoire des partisans du maintien et les investisseurs avaient le sourire au moment de la fermeture des bureaux de vote du pays le 23 juin à 22 heures, la livre sterling s'envolant au-dessus de 1,50 dollar. Un peu plus tôt, Wall Street avait fini en nette hausse, tout comme auparavant la Bourse de Londres et les autres places européennes.

Mais volte-face dans la matinée à Tokyo, alors que les urnes livraient progressivement leur verdict, avec des résultats plus favorables que prévus au Brexit. Le vote pour une sortie de l'Union européenne était en tête avec 51.7 % des voix après dépouillement dans 200 des 382 centres du pays, selon le décompte officiel.

La livre chute face au dollar et à l'euro

La réaction des marchés a été immédiate. La livre britannique a chuté à 1,33 dollar vendredi, perdant plus de 10% sur la journée, alors que le Brexit était donné en tête selon les projections de la BBC et de Sky News. Vers 6h30 du matin, la monnaie britannique a dévissé à 1,34 dollar, après avoir touché un peu plus tôt son plus bas niveau depuis 1985, selon les annales de l'agence financière Bloomberg.

A la même heure, elle baissait aussi face à l'euro. La livre a baissé à 1,22 euros, proche de son plus bas des 12 derniers mois.

Parallèlement, le yen, valeur refuge, a flambé. Le dollar chutant à 99,04 yens, du jamais vu depuis novembre 2013, contre 106,84 yens auparavant, et l'euro à 109,60 yens, contre 122,01 yens.

"Les investisseurs oscillent entre espoir et désespoir, au fur et à mesure que sont égrenés les résultats", a commenté Hideyuki Suzuki, analyste chez SBI Securities à Tokyo, interrogé par l'AFP.

Sur le front des indices boursiers, la Bourse de Tokyo, première grande place financière à ouvrir après la fermeture des bureaux de vote, a d'abord démarré sur des gains modérés avant de soudainement changer de cap une heure plus tard, plongeant de plus de 3% à mi-séance.

Les valeurs refuges ont la cote

Ailleurs dans la région Asie-Pacifique, Hong Kong abandonnait plus de 3%, idem pour Sydney, Séoul lâchait plus de 2% et Shanghai 0,90%.

"Après le mouvement de confiance initial, nous allons peut-être revenir à plus de réalisme, responsable d'une certaine frilosité sur les marchés", a estimé pour l'agence Bloomberg Jeremy Stretch, responsable de la stratégie des changes à la banque canadienne CIBC à Londres.

Jason Wong, cambiste à la Bank of New Zealand, prévient: "la forte hausse des marchés cette semaine, en amont du vote, crée les conditions d'une correction très lourde si l'issue est négative", a-t-il souligné dans un commentaire, d'autres pronostiquant "une pagaille" indescriptible.

Dans ce contexte tendu, l'once d'or grimpait et les investisseurs avaient tendance à privilégier le marché obligataire, ce qui poussait vers le bas le taux d'emprunt à 10 ans du Japon.

Comme les marchés, les bookmakers, qui donnaient plus de 90% de chances au "Remain" (reste) à la clôture des bureaux de vote jeudi à 22 hheures, ont ensuite revu leurs cotes à la baisse, à 66%, avant de miser au milieu de la nuit sur une victoire du Brexit.

Le pétrole était aussi affecté: vers 4 heures GMT, le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en août perdait 2,12 dollars, à 47,99 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne du brut, également pour livraison en août, reculait de 2,06 dollars, à 48,85 dollars.

"Nous voyons le pétrole être emporté par la fébrilité générale des marchés face au vote", a commenté sur Bloomberg News Ric Spooner, analyste chez CMC Markets à Sydney.

Cependant, les "corrections devraient être assez légères pour le pétrole, les cours devraient être soutenus par le fait qu'un marché équilibré s'annonce nettement à l'horizon".

Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays et au delà, un Brexit serait dommageable à plus long terme, ont prévenu les grandes institutions financières internationales, du FMI à l'OCDE.

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