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Des cadres de KBC sous mandat de dépôt, RSF dénonce des "atteintes au journalisme indépendant"

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Le directeur de la chaîne de télévision KBC, Mehdi Benaïssa, le directeur de la production, Riad Hartouf et la directrice des programmes du ministère de la communication, Mounia Nedjaï, ont été placés sous mandat de dépôt, a rapporté ce vendredi 24 juin le quotidien arabophone El Khabar.

Le climat tendu entre certains médias et le pouvoir ne cesse d'enfler. Jeudi soir, le nouveau siège du journal El Watan avait été encerclé par "un important dispositif policier".

Ce matin, les autorités ont demandé au personnel de quitter les lieux selon le quotidien, qui explique sur son site Internet que le motif de cette décision est le litige dont fait l'objet une partie du parking des nouveaux locaux.

Ces "atteintes au journalisme" ont fait réagir Reporters sans frontières (RSF) qui, tout en dénonçant le blocage des deux émissions de la chaîne KBC, a exprimé" sa solidarité avec les journalistes de ces deux médias" et appelé "l’Etat algérien à respecter leur indépendance."

La situation ne cesse de s'aggraver au sein du groupe Al Khabar. Après la mise en garde à vue de Mehdi Benaïssa et de Mounia Nedjaï, le directeur de la chaîne KBC et la directrice des programmes du ministère de la communication ont été placés sous mandat de dépôt, a annoncé El Khabar ce vendredi.

Le directeur de la production, Riad Hartouf a également été placé sous mandat de dépôt, tandis que le président du Conseil d'administration du quotidien, Zahreddine Smati reste témoin, a précisé la même source.

Il leur avait été reproché mercredi le fait d’avoir enregistré l’émission "Ki Hna Ki Nass" et "Nas al Stah" dans un studio mis sous scellés, dans le sillage de la fermeture de la chaîne Atlas TV en 2014.

Les deux émissions ont d'ailleurs été arrêtées. L'émission satirique "Nass Stah" s'est vue retirer l'autorisation de tournage, a annoncé ce jeudi l'acteur Kamel Abdat.

LIRE AUSSI: La gendarmerie arrête le tournage de l'émission satirique "Nass Stah"

"Une partie du parking en litige"

Après avoir encerclé le nouveau siège d'El Watan jeudi soir, les autorités ont demandé au personnel du quotidien de quitter les lieux ce vendredi matin.

Sur son site Internet, le journal fait savoir que "les journalistes et les équipes techniques travaillent dans les anciens locaux de la maison de la presse Tahar Djaout", fournissant également les explications du directeur Omar Belhouchet.

Ce dernier a confirmé l'existence du litige avec les autorités sur une partie du parking. "Mais hier soir, on s’est engagé avec le wali délégué de Hussein Dey et le P/APC de Kouba de séparer cette partie en litige avec une barrière et nous laisser continuer le déménagement le matin", a-t-il néanmoins fait remarquer.

M. Belhouchet est en contact avec les autorités locales (wali Hussein Dey et P/APC Kouba) en attendant la décision ce dimanche.

"Des atteintes au journalisme"

Face à ce climat tendu entre le pouvoir et les médias susnommés, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé, dans un communiqué des "atteintes au journalisme indépendant en Algérie".

"Nous sommes très inquiets pour El Khabar et maintenant El Watan", a fait savoir Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du Nord de RSF.

"Si ces médias qui se sont tant battus pour le droit d’informer ne disposent pas de certaines autorisations, un délai de régularisation devrait pouvoir être envisageable", a-t-elle estimé, dénonçant "la rapidité et l’agressivité avec laquelle ont agi les autorités cette dernière semaine".

Pour RSF, cette "agressivité laisse à penser qu’il y a un réel désir de voir disparaître une certaine presse critique". La même association "affirme sa solidarité avec le journalisme indépendant incarné en Algérie par ces deux médias, et appelle les autorités à ne pas entraver leur travail."

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