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Vous n'avez rien compris du "Brexit"? Le HuffPost Tunisie vous l'explique

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BREXIT
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Vous n'avez probablement pas loupé cette information: le Royaume-Uni quitte l'Union Européenne, suite à un référendum aux lourdes conséquences.

Qu'est ce que le Brexit? et pourquoi en-est on arrivé là?

Pour comprendre le Brexit, il faut revenir au passé. Le Royaume-Uni a longtemps été contre l'intégration européenne et ce pour des raisons financières. D'ailleurs bien que membre de l'Union Européenne, le Royaume-Uni n'a pas adopté la monnaie unique, ni la libre circulation des personnes.

Dès 1975, un premier référendum avait déjà été organisé pour savoir si le Royaume-Uni devait rester au sein de la Communauté Économique Européenne (ancêtre de l'Union Européenne), deux ans seulement après l'avoir intégrée. Avec un vote favorable au maintien à près de 70%, la Grande-Bretagne était restée au sein de la CEE.

En janvier 2013, le Premier ministre britannique David Cameron avait promis l'organisation d'un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne avant la fin de l'année 2017 s'il était réélu.

Menant des négociations avec l'Union Européenne sur les avantages accordés au Royaume-Uni en cas de maintien au sein de l'Europe, David Cameron voit se former un collectif appelé "Let Britain decide" (laissez les britanniques décider).

Le 23 juin 2016, David Cameron tient sa promesse et un référendum est organisé pour le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l'Union Européenne.

Résultats du vote

Avec un taux de participation de 72%, un record, c'est le camp du "leave" ("quitter") qui remporte le référendum avec 51,9% des voix.

Si le Royaume-Uni quitte donc l'Union Européenne, cela prendra près de deux ans afin que cela ne soit réellement effectif: le temps de négocier de nouveaux accords avec l'Union Européenne comme le prévoit l'article 50 du traité sur l'Union Européenne.

Dans la matinée, face au camouflet reçu, le Premier ministre britannique David Cameron annonce sa démission. Un nouveau chef du gouvernement prendra sa place en octobre prochain.

Une première

La sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne constitue une première dans l'histoire de la construction européenne où pour la première fois, l'article 50 du traité sur l'Union Européenne est utilisé.

Cependant, bien qu'ayant le statut de pays autonome, le Groenland avait déjà voté en 1975 pour sortir de la Communauté Économique Européenne.

Conséquences économiques

La sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne a déjà fait des dégâts: La livre sterling continue en ce moment même une chute vertigineuse par rapport au dollar (-7,66% à 08h30 du matin) , et face à l'euro (-5,77% ) sur le marché international.

L’euro lui-même est touché et a perdu 2,68% face au dollar à la même heure.

Les bourses du monde entier sont en émoi: L’indice Nikkei japonais a clôturé vendredi matin sur une chute de 7,92%. Au niveau européen, le CAC40 perd -7,10% quelques minutes après l’ouverture. Le Dax 30 allemand perdait 9,78% à 9h04 et le FTSE 100 britannique, très regardé, chutait également de 7,47% quelques minutes après l’ouverture.

La Bourse de Londres a quant à elle perdu 8% à l'ouverture alors que les principales banques s'y effondraient de 30%.

L'Europe vient de perdre un de ses trois piliers avec la France et l'Allemagne, mais surtout l'une des plus importantes places financières du monde.

Indépendamment du volet économique, l'Union Européenne vient également de perdre un partenaire privilégié des États-Unis en Europe, ainsi qu'un des rares États européens à avoir une armée conséquente.

Effet domino?

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a affirmé plus tôt cette semaine: "Je crains qu'un 'Brexit' puisse marquer non seulement le début de la destruction de l'UE mais aussi celui de la civilisation occidentale", au quotidien Bild.

Et les résultats du Brexit le prouvent. En effet, à la suite des résultats, de nombreuses personnalités politiques ont appelé à un référendum dans leurs pays: Marine Le Pen en France, mais aussi au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède.

Si dans certains pays, les "eurosceptiques" sont au gouvernement et ont un appui populaire, comme c'est le cas au Danemark ou aux Pays-Bas. Un référendum pourrait venir faire trembler encore plus les partisans de l'Union Européenne, cela ne devrait pas être le cas au sein du "noyau dur" des pays européens à l'instar de la France et de l'Allemagne.

Face à des économies de plus en plus fragiles et un "euroscepticisme" de plus en plus marqués, cette question pourrait être très épineuse en Espagne, au Portugal et en Italie.

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