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Zouhair Lahna, médecin sans frontières au chevet des démunis (VIDÉO)

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PORTRAIT - Dans le quartier Oulfa à Casablanca, le cabinet du docteur Zouhair Lahna est depuis le 15 juin en activité, et ce en toute légalité. Après plusieurs mois de négociations avec l'Ordre des médecins, qui avaient poussé le chirurgien à renoncer à son projet de cabinet à vocation humanitaire, celui-ci voit finalement le jour.

Et avec lui l’espoir du docteur d’apporter bénévolement sa contribution au bien-être des personnes les plus démunies. Car s'il souhaite faciliter l’accès aux soins des réfugiés syriens et subsahariens du Maroc, Zouhair Lahna, membre de Médecins sans frontières, veut également étendre son action à la transmission de son savoir: "je ne suis ni pérenne, ni indispensable", dit-il.

Pendant les mois d'attente d'ouverture de son cabinet, le médecin s’est rendu en Syrie où il forme, lorsqu’il n’opère pas, des sages-femmes aux techniques de gynécologie obstétrique d’urgence. C’est lors de sa première mission sur l’île d’Anjouan aux Comores, à l'époque immobilisée par un coup d’Etat, quand il forma la seule femme médecin disponible à pratiquer des césariennes, qu’il mesura l’importance de partager son savoir-faire.

Aujourd’hui encore dans les zones de conflits où il se rend, et notamment en Palestine ou à Alep, en Syrie, où 300.000 habitants dépendent d’une poignée de médecins, il faut s’adapter. "Lorsque je suis à Gaza, je ne suis plus simplement gynécologue mais urgentiste ou bien médecin généraliste". Le médecin nous raconte que "depuis cinq ans en Syrie et pour ceux qui n’ont pas les moyens de fuir, la vie continue. Il y a toujours des naissances, les populations sont malheureusement habituées aux bombardements quotidiens".

Spécialisé en chirurgie pelvienne et endoscopique, le médecin forme, depuis les années 2000, les médecins marocains à des techniques que le système universitaire local n’a pas dispensé. Depuis peu, il a entamé un projet de formation des sages-femmes à travers les ateliers "Apprentissage de techniques obstétriques d’urgence au Maroc".

Il insiste d'ailleurs sur les difficultés du secteur. "Dans les hôpitaux publics, certaines sages-femmes font face à une surcharge de travail et doivent parfois assumer 40 accouchements en 24 heures." A travers cet apprentissage, Zouhair Lahna cherche à donner les moyens à toute sage-femme de disposer du savoir nécessaire pour pouvoir anticiper et être efficace. Dans cette optique, il envisage de mettre en place prochainement un projet de formation continue.

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