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Le FFS pointe une "judiciarisation du politique" et dénonce un "spasme autoritaire" du pouvoir

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BOUTEFLIKA ARMY
President Abdelaziz Bouteflika reviews an honor guard upon his arrival at Oran airport on December 16, 2008. | FAYEZ NURELDINE via Getty Images
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Le Front des forces socialistes (FFS) multiple les déclarations dénonçant une dérive autoritaire du régime dans un contexte marqué par de " grandes manœuvres pour la succession".

La manière dont les travaux de l’assemblée nationale (APN) sont gérés par Larbi Ould Khelifa alors que des lois décisives sont programmées au pas de charge est perçue comme une volonté d’accélérer une reprise en main autoritaire et d’imposer le "carême de la parole" aux militaires comme aux civils.

Le FFS qui a constamment affiché sa disponibilité à un dialogue sérieux avec le pouvoir pour faire avancer le pays estime que celui-ci dépasse très largement les "lignes rouges" en cherchant à museler l’expression et à faire passer ses lois sans donner le temps à la représentation parlementaire d’en débattre de manière correcte.

Le groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS) a ainsi signé mercredi avec le bloc de l'Algérie verte, le MSP, Ennahda et Islah dénonçant une situation "grave" au niveau de l'assemblée nationale due à une programmation au pas de charge de projet de lois qui "engagent l'avenir du pays et menacent le processus démocratique".

Le communiqué dénonce un terrible recul des "droits fondamentaux et des libertés politiques et civiques des personnes et des partis" et pointe une volonté d'exclusion médiatique et politique ainsi qu'une atteinte à la "souveraineté du pouvoir législatif".

Lors d'un point presse organisé jeudi par les parlementaires de l'opposition, Chafaa Bouaiche, chef du groupe parlementaire a dénoncé une gestion de l’APN qui porte atteinte à la "légitimité des institutions de l'Etat" et contesté une programmation au pas de charge des lois à débattre et à adopter durant le mois de ramadan.

La réserve ne doit concerner que le secret militaire

Tout en pointant le comportement "dictatorial" du président de l'assemblée Ould Khelifa, le chef du groupe FFS souligne que sa gestion de l'APN est liée à la "volonté du pouvoir verrouiller le champ politique en Algérie".

Le groupe du FFS même s’il est très loin de partager les vues et les méthodes du député "spécifique" Tahar Missoum a dénoncé la décision prise par le président de l’assemblée de le priver de participer à six séances en soulignant qu’elle constituait "un précédent grave pour bâillonner les députés, tous les députés."

Pour le FFS, les projets de lois sur l’obligation de réserve des officiers de l’armée fait partie de cette tentative de reprise en main autoritaire. Des projets de loi "imprécis" qui donnent un " pouvoir exorbitant et discrétionnaire sur tout militaire qu’il soit officier de carrière, officier versé dans la réserve ou toit militaire".

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Cela revient "à interdire tout propos critique sur la place et le rôle de l’armée dans le pays" alors que le devoir de réserve et la retenue ne "devraient concerner que les violations du secret militaire dûment établi"

Ces lois arrivent " dans un contexte particulier marqué par les positions publiques d’officiers ou de sous-officiers sur les évènements tragiques qu’a connu le pays, à l’occasion des campagnes électorales et alors que nous assistons aux grandes manœuvres pour la succession et que les articles de presse évoquent les problèmes de corruption au sein de l’institution.

"Il est où l’Etat civil ? "

Pour le FFS, ces lois sont liées aux "prochaines échéances politiques" et obéissent à une logique plus globale en œuvre dans le pays à l’occasion de ce qu’on a appelé pompeusement et faussement des réformes.

"Nous sommes en présence d’un spasme autoritaire qui vise la judiciarisation du politique" et il ne subsiste " aucune garantie quant au respect des pluralismes et des libertés que ce soit pour les civils ou les militaires"

"Entre l’emballage et le contenu de ces réformes il y a tout un monde. L’ouverture et la démocratie pour la vitrine et la fermeture et la répression dans la réalité. Il est où l’Etat civil qui permettra aux députés du peuple d’exercer le contrôle sur le budget de l’Armée qui est de l’ordre de 13 milliards de dollars ? "

"Il est où l’Etat civil qui permettra au Parlement de convoquer le ministre de la Défense nationale et le chef de l’Etat-major de l’ANP pour les auditionner sur les questions liées à l’institution militaire" a déclaré Chafaa Bouaïche dans une allusion claire au discours développé par les partis du pouvoir et notamment par Amar Saadani du FLN.

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