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OCP, ONEE, IAM... Ces entreprises marocaines qui créent le plus de richesse

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Les champions publics de l'économie marocaine | HuffPost Maroc
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GOUVERNANCE - Au Maroc, le secteur des entreprises et établissements publics (EEP) se divise en deux catégories: une poignée d'entreprises qui créent de la richesse et alimentent le trésor public, et les autres qui affichent au mieux un faible niveau de rentabilité financière, sinon des comptes déficitaires.

C'est l'un des principaux enseignements du dernier rapport de la Cour des comptes, intitulé "Le secteur des établissements et entreprises publics au Maroc: Ancrage stratégique et gouvernance", et publié mercredi 22 juin.

D'emblée, l'établissement présidé par Driss Jettou souligne que le portefeuille public se compose de 212 établissements publics, 44 entreprises publiques à participation directe du trésor et 442 filiales et participations publiques.

63,4% de l’investissement provient de 7 entreprises

Or, "quelques organismes réalisent l’essentiel des performances du secteur". Entre 2010 et 2014, sept EEP ont "fortement contribué à l’effort d’investissement, au chiffre d’affaires et à la valeur ajoutée réalisés par le secteur".

L'Office chérifien des phosphates (OCP), l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE), la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Al Omrane, l'Office national des chemins de fer (ONCF), Autoroutes du Maroc (ADM) et Royal Air Maroc (RAM) ont contribué, en moyenne, à hauteur de 63,4% de l’investissement, de 57,8% du chiffre d’affaires et de 66,6% de la valeur ajoutée.

Le géant marocain des phosphates reste le principal contributeur dans tous les agrégats. Il a réalisé 17,8% de l’effort d’investissement, 26,9% du chiffre d’affaires et 32,3% de la valeur ajoutée.

L’ONEE est également un établissement stratégique. Il a contribué à hauteur de 11,5% de l’investissement réalisé, 14,3% du chiffre d’affaires et 10,6% de la valeur ajoutée. Concernant la contribution aux dividendes et parts de bénéfices remontés au trésor de 2010 à 2015, le groupe OCP y a contribué à hauteur de 42%, suivi de Ittissalat Al Maghrib (IAM) avec 35,2%.

Trois entreprises représentent 84,8% des dividendes

Les transferts des EEP vers le trésor proviennent eux aussi d’un nombre réduit d’organismes. Le groupe OCP, le groupe CDG et IAM, ont en effet contribué en moyenne à hauteur de 48,9% du total des transferts du secteur des EEP vers le budget général de l’Etat. De même, par rapport au total dividendes et part de bénéfices, ils ont représenté 84,8%.

Abstraction faite de ces champions publics de l'économie marocaine, les montages institutionnels de la majorité des EPP conduisent à des résultats structurellement faibles, voire négatifs. Le reste des sociétés anonymes à participation directe et majoritaire du trésor dégage des niveaux de bénéfices souvent insignifiants.

Les participations minoritaires ne remontent quasiment pas de dividendes, à l’exception de IAM. La Cour des comptes pointe aussi du doigt la création d’un grand nombre d’établissements publics (44 entre 2004 et 2015) qui sont, en réalité, "des quasi-administrations prolongeant les missions des ministères dont ils relèvent". Ces établissements souvent budgétivores absorbent une grande partie des transferts accordés par le budget général de l’Etat aux EEP.

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