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Mauritanie: Les Marocains et expatriés interdits de travailler au nom de la préférence nationale?

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Mauritanie: Les Marocains et expatriés interdits de travailler au nom de la préférence nationale? | DR
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EMPLOI - Les entreprises marocaines présentes en Mauritanie sont-elles menacées par l’interdiction de travailler imposée par le ministère mauritanien du Travail aux expatriés n’ayant pas de "permis de travail valide"?

Au vu des réactions des autorités mauritaniennes ses dernières semaines, elles semblent en tout cas dans le viseur du gouvernement mauritanien. Dernier épisode en date, des fonctionnaires du ministère de l’Emploi ont effectué une "descente" au siège de la filiale marocaine d’Attijariwafa Bank pour exiger qu’elle respecte la décision ministérielle d’employer plus de Mauritaniens. Des retraits de permis de travail ne sont pas exclus.

Ce pas a d'ailleurs été franchi la semaine dernière avec Mauritel, la filiale mauritanienne détenue à 54% par l’opérateur de téléphonie Maroc Telecom. Des cadres ont vu leurs permis de travail suspendus. Officiellement, Nouakchott a avancé un retard de Mauritel à se conformer à la "mauritanisation“ des cadres de l’entreprise de télécoms.

Une règle appliquée aux employés des autres sociétés étrangères

Ce désir de mettre en avant la “préférence nationale“ pourrait être interprété comme un acharnement contre le royaume. Seulement, plusieurs sociétés étrangères ont aussi pâti de cette décision de “mauritaniser" le marché de l’emploi.

Selon l’AFP, l’exploitant d’or canadien Kinross a ainsi mis à l’arrêt la mine de Tasiast (à 250 km de la capitale mauritanienne) pour protester contre l’interdiction de travailler imposée par le ministère du Travail aux expatriés de la mine.

La même décision a frappé l’opérateur de téléphonie Chinguitel, détenue à 95,5% par l'opérateur soudanais Sudatel dont les 16 employés étrangers ont été remerciés suite à une visite des inspecteurs de la Wilaya de Nouakchott qui ont établi que ces derniers ne détenaient pas de “permis de travail" valides.

Faut-il y voir une crise entre le Maroc et la Mauritanie?

Officieusement, des observateurs voient dans cette décision de renvoi d’employés de sociétés marocaines le signe d’une mésentente entre Nouakchott et Rabat.

Deux épisodes dans les relations entre les deux pays maghrébins ont déclenché l’ire de la Mauritanie: la présence sur le sol marocain de deux opposants au président Mohamed Ould Abdelaziz, l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou et le diplomate Moustapha Ould Imam Chavi, et ce revers du chef de la diplomatie mauritanienne qui aurait été éconduit deux fois par le roi Mohammed VI alors qu’il venait lui remettre une invitation pour le sommet de la Ligue arabe que Nouakchott devrait accueillir fin juillet.

De son côté, Rabat a de quoi être en colère contre son voisin du sud. La Mauritanie s’est posée en "sauveuse" du sommet de la Ligue arabe dont l’organisation a été déclinée par Rabat en pointant les divergences au sein de l’organisation panarabe. Enfin, Nouakchott avait dépêché un de ses ministres aux obsèques du secrétaire général du Polisario, faisant planer le spectre d’une crise diplomatique entre les deux voisins.

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