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Avant la COP22, un forum pour faire entendre la voix des acteurs non étatiques

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SALAHEDDINE MEZOUAR SEGOLENE ROYAL
Le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar et la ministre français de l'Environnement Ségolène Royal, Rabat, 23 juin 2016 | Anaïs Lefébure/HuffPost Maroc
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CLIMAT - La course contre la montre climatique a commencé. A près de quatre mois de la tenue de la 22e Conférence des Parties sur le climat (COP22) à Marrakech, qui doit mettre en oeuvre l'accord conclu à Paris l'année dernière, les événements "pré-COP" se multiplient.

Jeudi 23 juin à Rabat, le président de la COP22 et ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar a lancé les travaux du premier forum des alliances et coalitions, qui réunit pendant deux jours des acteurs non étatiques oeuvrant dans différents secteurs (urbanisme, agriculture, transport, finance...) pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Objectif: améliorer la synergie entre ces acteurs afin qu'ils fassent des suggestions et émettent des propositions en faveur du climat. Ces avis serviront de base à l'élaboration d'une feuille de route que les deux "championnes de haut niveau" de la COP, à savoir la ministre de l'environnement Hakima El Haité et l'ambassadrice française du climat Laurence Tubiana, présenteront lors de l'événement organisé par les Nations unies à Marrakech.

hakima el haite

Hakima El Haité, ministre chargée de l'Environnement

"Nous sommes là pour faire la connexion entre les Parties et les acteurs non étatiques", a indiqué Mme El Haité, "qui souhaite garantir la traçabilité, la transparence et la reddition des comptes".

"L'action des initiatives non étatiques est déterminante"

"L'action n'implique plus seulement les États mais aussi le monde financier, les villes, la société civile, les régions" a rappelé M. Mezouar en préambule du forum. "Il est temps de renforcer la coordination entre ces différents secteurs et d'encourager les initiatives volontaires. Car quel que soit l'engagement des États en faveur du climat, c'est l'action des initiatives non étatiques qui est déterminante" a-t-il indiqué, invitant ces dernières à "redoubler d'efforts" afin de passer de l'engagement à la concrétisation des projets. "Nous devons instituer la culture du résultat dans la mise en oeuvre de l'accord de Paris", a pour sa part rappelé Mme Tubiana.

Une volonté d'accélération de l'action qui revient dans la bouche de tous les participants du forum. "Nous sommes dans une course de vitesse entre le dérèglement climatique et les actions menées à leur encontre", a martelé la présidence de la COP21 et ministre française de l'Environnement Ségolène Royal, qui a rappelé que le laps de temps était court entre la COP21, celle de la signature de l'accord visant à passer sous la barre des 2°C de réchauffement climatique, et la COP22, qui doit être celle de la concrétisation de cet accord.

Multiplication des forums

Afin de favoriser les échanges entre les différentes coalitions et alliances au niveau international, des "side events" seront organisés en amont ou en marge de la COP22, à l'instar du Forum Carbone le 15 et 16 juillet, un forum sur la problématique des déchets le 19 septembre à Skhirat, le Forum mondial des femmes leaders et du climat le 30 septembre, ou encore des journées spéciales sur les océans ou sur l'habitat en novembre prochain.

Une multiplication d'événements sur l'environnement dont s'est félicitée le ministre de l'Habitat Nabil Benabdellah qui a rappelé que le Maroc devait s'inscrire dans une démarche environnementale "militante", rappelant que l'environnement, considéré comme "la dernière roue du carrosse il y a deux ou trois ans", devient désormais une priorité au Maroc.

Enfin, un accent particulier a été mis sur l'Afrique et l'importance de prendre en compte les spécificités de ce continent, le moins pollueur du monde mais qui subit l'impact climatique (et en paie souvent le prix), dont la population doublera d'ici 2050. "Il est nécessaire de renforcer les liens entre les acteurs du sud et les acteurs internationaux, de même que les réseaux sud-sud", a ainsi rappelé M. Mezouar. Avec son potentiel démographique et ses ressources naturelles, "l'Afrique peut être une partie de la solution", a également fait valoir le ministre de l'agriculture Aziz Akhannouch.

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