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Tourisme: Lahcen Haddad fait le bilan (et la vision 2020 est encore loin)

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LAHCEN HADDAD
Tourisme: Lahcen Haddad fait le bilan (et la vision 2020 est encore loin) | AIC PRESS
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TOURISME - 20 millions de touristes en 2020. C'était l'objectif annoncé, en 2012, au début du mandat de Lahcen Haddad à la tête du ministère du Tourisme. Force est de constater qu'à mi-parcours, la "Vision 2020" semble difficilement atteignable.

Et pour cause. Si, en 2015, le nombre de touristes au Maroc a réussi à se hisser au-dessus de la barre des 10 millions (10,17 exactement), contre 9,3 millions en 2010, on est encore loin des chiffres attendus dans moins de cinq ans, et qui ne sont d'ailleurs plus évoqués par le ministère. Une difficile progression due, en partie, à une conjoncture économique et géopolitique défavorable.

"Les grands marchés émetteurs de touristes se sont montrés frileux à cause des amalgames qui ont été faits après les différents attentats et conflits survenus dans la région et en Europe depuis 2011", a fait valoir M. Haddad lors de la présentation du bilan de son mandat, mardi 21 juin à Rabat. Une conférence organisée à quelques mois des élections législatives, visant surtout à mettre en avant les points positifs de la stratégie ministérielle entamée en 2012.

Si, en 2016, le ministère table sur 10,4 millions de touristes, le ministre avoue ne pas pouvoir donner de chiffres "plus réalistes" pour 2020 et répète qu'il "reste confiant" quant à la progression du nombre d'arrivées de touristes dans les cinq ans à venir. Objectif: cibler de nouveaux pays, tout en rassurant les marchés traditionnels comme la France et l'Espagne "que l'on n'a pas abandonnés, même si l'on veut faire émerger des marchés comme la Russie, l'Inde, la Chine, le Brésil et d'autres pays européens", nous confie M. Haddad.

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Invitation de journalistes étrangers au Maroc, participation à des salons et foires internationales, entretiens bilatéraux... Le ministère a ainsi lancé, ces derniers mois, des projets de coopération tous azimuts avec ces marchés émergents, dans l'espoir d'attirer de nouveaux touristes.

Chute des investissements

Car si l’Allemagne et le Royaume Uni par exemple, ont enregistré des performances positives, avec respectivement un taux de croissance annuelle moyenne de 13% et 12%, de même que les pays du Moyen-Orient (+9%), d'Afrique subsaharienne (+4%) et d'Amérique du Nord (+8%), les marchés traditionnels comme la France et l'Espagne ont, eux, connu des baisses respectives du taux de croissance de 4% et 5%.

Autres chiffres préoccupants: l'évolution des investissements directs étrangers du secteur du tourisme qui, après avoir connu une forte progression entre 2012 et 2014, passant de 1.680 millions de dirhams à 3.390 millions de dirhams, ont chuté à 1.360 millions de dirhams en 2015. L'évolution de la part des IDE du secteur du tourisme dans le total des IDE est ainsi passé de 5,2% en 2012 à 4,8% en 2015, malgré la révision du cadre fiscal et la mise en place de la prime d'investissement.

Le nombre d'emplois directs sur l'ensemble du territoire national créés entre 2012 et 2015 est quant à lui passé de 480.000 à 507.000, soit une progression de 27.000 emplois en quatre ans. On est encore très loin des 470.000 nouveaux emplois que le ministère compte créer à l'horizon 2020, pour employer, au terme de la décennie, près d’un million de Marocains (soit le double d'aujourd'hui).

Concernant la part du PIB touristique dans le PIB national, passée de 57 milliards de dirhams en 2012 à 62,5 milliards de dirhams en 2015, on est là encore loin des 150 milliards de dirhams attendus en 2020.

Les bouchées triples

Parmi les autres chiffres significatifs donnés par le ministère, celui du nombre de nuitées enregistrées dans les établissements classés, qui ont enregistré une légère hausse de 2% entre 2012 et 2015, mais ont connu une baisse significative entre 2014 et 2015, notamment celles des touristes internationaux (le nombre de nuitées est passé de 14.326 à 12.515 en quatre ans). Si Marrakech et Agadir restent en tête des destinations prisées par les touristes en termes de nuitées, le nord perd en vitesse: Oujda-Saidia a enregistré une baisse de 4%, et Tétouan de 1%.

Le marché national, lui, a connu une progression constante, passant de 4,9 millions de nuitées en 2012 à 5,8 millions en 2015. C'est d'ailleurs sur les touristes nationaux que le ministère entend mettre les bouchées doubles, ou plutôt triples puisqu'il compte multiplier par trois le nombre de voyages domestiques pour atteindre 5,7 millions dans les établissements touristiques classés à l’horizon 2020 (ils étaient de 2,2 millions en 2013).

Enfin, durant la période 2012-2015, 42.754 nouveaux lits, dont 21% générés par les maisons d’hôtes, 15% par les résidences hôtelières, 13% par les hôtels 5* et 10% par les hôtels 3* ont été créés. Pour 2016, le ministère table sur l'ajout de 20.000 lits, portant ainsi la capacité totale additionnelle à 250.000 lits.

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