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Slim Othmani critique vivement le fonctionnement de la bourse d'Alger (AUDIO)

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Slim Othmani pronostique un échec en cas d’entrée de l’opérateur téléphonique Mobilis à la bourse d’Alger. En cause, la défiance de l’argent envers la gestion publique.

Le patron de NCA Rouiba, Slim Othmani, a vivement critiqué, mardi, le fonctionnement de la bourse d’Alger. Invité de « l’invité du direct » de Radio, M. Othmani a reproché à la société de la bourse d’Alger un défaut d’animation qui pénalise les entreprises cotées.

Selon lui, en plus d’une animation insuffisante, la bourse souffre de l’absence d’institutionnels. il a estimé que le rendement de la bourse d’Alger reste inférieur à celui de l’emprunt obligataire lancé par le gouvernement, à cinq pour cent, ce qui oriente l’épargne des acheteurs potentiels en bourse vers d’autres destinations.

Principale cible de M. Othmani, le rôle d’IOB (intermédiaire en bourse) confié aux banques publiques. Celles-ci n’ont pas le profil pour jouer ce rôle, dit-il, plaidant pour leur transformation pour en faire des acteurs de l’économie. Comme exemple de fonctionnement à contretemps de la bourse, il cite l’exemple de NCA Rouiba, dont les actions ont baissé à la veille de l’annonce de la distribution des dividendes.

Pourtant, l’entreprise a réussi une croissance de sept pour cent 2015, affirme ce patron très médiatique, membre du think-tank Nabni et président du cercle d’Action et de réflexion sur l’entreprise (Care).

Déficit de confiance

M. Slim Othmani note, de manière plus globale, un déficit de confiance entre l’épargnant potentiel et les institutions. Il note que le petit épargnant est “inquiet”. “Le capital algérien n’a pas confiance dans les entreprises publiques”, dit-il brutalement. Selon M. Othmani, “l’attitude la plus rationnelle pour quelqu’un qui a de l’argent et qui veut le placer aujourd’hui est d’aller sur le marché parallèle”.

Cette défiance envers la gestion le pousse à une position tranchée concernant une éventuelle introduction de l’opérateur téléphonique Mobilis en bourse. “Personne n’ira acheter du Mobilis”, dit-il. “Ça n’a pas de sens”. Il ajoute: “Si vous me dites qu’on met 20% de Mobilis en bourse, qui va vous acheter ?”

Il estime toutefois que si 80% des actions de l’opérateur sont proposées en bourse, au profit d’épargnants nationaux et à l’international, il y aura un fort intérêt, car cela promet un changement de management.

Il impute à cette méfiance l’échec de l’introduction en bourse de la société des ciments de Aïn-Kebira, qui a été retirée, après avoir collecté cinq pour cent seulement des fonds attendus, alors que la réglementation prévoir un minimum de vingt pour cent.

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L’impact de la baisse du dinar

M. Othmani a par ailleurs évoqué l’impact de la dépréciation du dinar sur les activités du secteur, notamment une augmentation des prix qu’il estime “inévitable” pour faire face aux difficultés. L’augmentation a été évitée jusque-là grâce aux gains de productivité, mais l’ampleur du surenchérissement de la matière première importée en fait une “nécessité”.

De manière plus globale, il évoque les effets de la baisse du dinar, notamment le risque de passer à l’informel. Selon lui, il y a deux grands facteurs qui poussent à l’informel, le package fiscal et la dévaluation du dinar.

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