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Les huit chantiers de Moulay Hafid Elalamy pour appliquer l'interdiction des sacs plastique

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Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie | DR
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SACS PLASTIQUE - Moulay Hafid Elalamy a répété ces mots comme un mantra: "les sacs en plastique, c'est fini". Ce mardi soir, à dix jours de l'entrée en vigueur de la loi n°77-15 interdisant la production, l'importation, l'exportation, la commercialisation et l'utilisation de sacs plastique de caisse, le ministre de l'Industrie a présenté les mesures prises par son département pour conduire la transition.

D’abord, il y a ce constat: "Nous consommons 26 milliards de sacs par an. Chaque habitant consomme annuellement 800 sacs plastique. Le Maroc figure parmi les grands pays consommateurs. C’est dire si on est champions", a ironisé le ministre. Et de poursuivre: "Après avoir essayé plusieurs solutions, nous avons finalement opté pour une interdiction".

Pour ce faire, le royaume chérifien, qui semble plongé dans une euphorie environnementale depuis qu’il s’est vu attribuer l’organisation de la COP22, a, dans un premier temps, balisé le terrain législatif avec l’adoption de la loi fin 2015, puis celle du décret sur le contrôle, en avril, et, enfin, les quatre arrêtés d’application de la loi, qui sera effective le 1er juillet. Et "il n’y aura pas de prorogation", a assuré MHE.

"Le dispositif d'accompagnement doit être sérieux"

Les contours de la loi étant dessinés, le ministère de l’Industrie a mis en place une feuille de route avec à la clé un dispositif d’accompagnement impliquant les parties prenantes. "Personne ne doit rester sur le carreau, mais personne ne doit profiter de la situation pour s’enrichir de manière illicite", a lancé le ministre à l’adresse des quelques plasturgiques en chef présents dans la salle.

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"Le dispositif d'accompagnement doit être sérieux, avec des produits de substitution abordables. Le consommateur doit être avisé pour changer son comportement habituel. Nous avons mis en place un contrat-programme où chacun doit respecter ses obligations". Cette convention cadre, conclue en mai dernier, s'articule autour de huit chantiers: la réglementation relative à l’interdiction, le contrôle de l’application de la loi, et, en troisième lieu, la promotion des produits de substitution comme les sacs en papier et les sacs réutilisables.

La subvention est plafonnée à 14 millions de dirhams

Les quatrième et cinquième chantiers sont ceux qui font le plus débat. Il s’agit, respectivement, de l’accompagnement des acteurs formels et informels du secteur. Pour les premiers, un fonds de soutien de 200 millions de dirhams a été créé, tandis que trois initiatives vont être lancées: amorçage d’une nouvelle activité, mise en conformité des unités de production par rapport aux exigences normatives et renforcement de la compétitivité des industriels qui réalisent un chiffre d’affaires de moins de 30% dans les sacs plastique. "La subvention est plafonnée à 14 millions de dirhams" dans le premier cas, et à neuf dans le second.

Accompagner la reconversion de l'informel

Pour les acteurs de l’informel, le ministère veut opérer leur reconversion dans le secteur formel: "Nous avons besoin d’accompagner ces gens pour qu’ils puissent travailler dans des conditions de sécurité et d’hygiène minimales. Ces entreprises informelles doivent s’engager à se reconvertir, et en contrepartie, nous mettrons à leur disposition tous les moyens qui leur permettront d'opérer cette reconversion. Nous pouvons apporter un soutien à l’investissement à hauteur de 30% et sommes disposés à aller jusqu’à 2 millions de dirhams". On notera, entre parenthèses, que les chiffres avancés ici et là sur le nombre d’emplois de la filières ne sont pas les mêmes que ceux du ministre de l’Industrie: selon les chiffres du département de MHE, ils seraient 1.100 à travailler dans la filière et non plusieurs dizaines de milliers.

Les opérateurs peuvent fabriquer des sacs autorisés avec les mêmes machines

Le sixième axe porte sur la promotion de nouvelles niches de reconversion dans le secteur de la plasturgie, avec notamment le déploiement de l'écosystème plasturgie et de l'écosystème recyclage plastique. L'objectif: créer 38100 emplois à l’horizon 2020 et brasser 9,8 milliards de dirhams de chiffre d’affaires additionnel. "Nous avons interdit les sacs de caisse, mais nous n’avons pas interdit les sacs agricoles et ceux réutilisables. Les opérateurs peuvent fabriquer des sacs autorisés avec les mêmes machines", a lancé Moulay Hafid.

Le septième chantier est relatif au ramassage et à l’élimination des sacs plastique. "Nous voulons atteindre zéro sacs plastique dans la nature d’ici octobre 2016", a assuré le ministre. Le dernier axe porte sur la sensibilisation et la communication, en ciblant consommateurs, industriels et commerçants. Dans le sillage de la campagne Zéro Mika, des spots télé mettant à l’affiche Choumicha vont bientôt être diffusés et des flyers de sensibilisation distribués. Autant dire que l’affaire est dans le sac.

La loi n°77-15 a d'ores et déjà poussé les grandes enseignes à trouver des solutions alternatives avant le 1er juillet. Selon nos informations, plusieurs d'entre elles parmi lesquelles Carrefour-Label'Vie, Marjane, Atacadão, Bricoma, Kiabi ou Kitea se sont récemment concertées afin de proposer des solutions communes à leurs clients. En principe, des sacs réutilisables seront dès le 1er juillet proposés en caisse, à l'instar de ce qui se fait dans de nombreux pays européens ou aux Etats-Unis.

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