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Audition des ministres de l'Intérieur de la Justice à l'ARP: Les affaires Belaïd et Brahmi divisent et révoltent

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TUNISIA ASSEMBLY
Zoubeir Souissi / Reuters
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Une séance plénière a été consacrée, mardi 21 juin, à l’audition des ministres de l’Intérieur, Hédi Majdoub, et de la Justice, Omar Mansour, à l’Assemblée des représentants du peuple sur l’affaire des assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Convoquée par les députés du Front populaire et soutenue par 78 autres députés, cette séance devait se tenir le 16 juin courant, avant que le bloc d’Ennahdha ne demande son report. Cette manœuvre a valu à ce dernier de graves accusations portées par les dirigeants du Front populaire.

Lors de son intervention, le ministre de l’Intérieur a indiqué que le rapport balistique, élaboré par la police scientifique, a démontré que l’arme utilisée lors de l’assassinat de Chokri Belaïd est un pistolet Beretta type 92 ou 93. Rebondissant sur les accusations portées par le comité de défense de Belaïd vers le ministère de l’Intérieur, Majdoub a assuré que cette arme n’a jamais été acquise par le ministère en question.

Pour sa part, Omar Mansour a fortement dénoncé les accusations adressées à l’encontre du juge d’instruction chargé de l’affaire.

Rappelons que les prérogatives du ministre de la Justice ne lui permettent pas d’intervenir dans les affaires en cours, Mansour a appelé toutes les parties à laisser la justice prendre son cours.

Du côté des députés, les interventions ont été assez musclées.

Qualifiant la justice tunisienne de corrompue, le député du bloc socio-démocrate, Adnen Hadji a expliqué que la séance d’audition n’intervient aucunement dans le processus de l’enquête tout en appelant les ministres à dévoiler toute la vérité sur le dossier.

Pour le président du bloc du Front populaire, Ahmed Seddik, la manière avec laquelle est traité le dossier des assassinats politiques est faux, irresponsable et non sérieux.

Farida Laâbidi, du bloc d’Ennahdha, a, quant à elle, remis en question la légitimité de la séance. Expliquant qu’il s’agit d’un procès parallèle à une affaire en cours, la députée est même allée jusqu’à dire que la séance est une réelle violation de l’enquête judiciaire.

Soutenue par son collègue Sahbi Attig – qui a estimé que le Parlement s’est transformé en un juge d’une enquête déjà en cours – Laâbidi a qualifié la séance d’audition des deux ministres d’anticonstitutionnelle qui serait, toujours selon l’intéressée, une atteinte à l’indépendance de la Justice.

Rappelons que la dernière audience du procès de l’affaire de Chokri Belaïd a été reportée au 28 octobre prochain et que deux accusés ont été acquittés.

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