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Ocean cleanup, le prototype pour dépolluer les océans, a été dévoilé

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OCEAN CLEANUP
Le projet du Néerlandais The Ocean cleanup | ocean cleanup
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ENVIRONNEMENT - Nettoyer les océans des déchets plastiques grâce à un immense filet, c'était l'annonce qui avait fait grand bruit en 2014. Aujourd'hui, le projet se concrétise avec un prototype qui sera placé en mer ce jeudi 23 juin.

L'inventeur et fondateur Boyan Slat est un jeune Néerlandais de 21 ans. Il a commencé à se pencher sur ce concept dès ses 16 ans. Depuis, il a reçu de nombreux soutiens financiers. Il est considéré comme un petit génie de la mer. L'université de Delft (Pays-Bas) devant laquelle il avait exposé son concept l'avait classé parmi les vingt jeunes entrepreneurs hollandais les plus prometteurs du monde en 2013.

Et pour cause. Les spécialistes sont nombreux à s'arracher les cheveux pour trouver le moyen le plus efficace de récupérer les millions de tonnes de plastique échoué en mer. Alors que la plupart des autres projets envisagent de les ramasser à l'aide de bateaux sillonnant les océans, Boyan Slat, lui, souhaite se servir des courants marins pour piéger les débris.

"Pourquoi irions-nous vers les déchets alors que les déchets peuvent venir à nous?", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse au port de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye.

Deux bras flottants de 50 km

Né d'un croquis qu'il a dessiné sur une serviette en papier alors qu'il était encore au lycée, ce premier prototype sera donc déployé jeudi pour une durée d'un an dans la mer du Nord, à 23 kilomètres de la côte néerlandaise: il s'agit d'une barrière de 100 mètres de long constituée de flotteurs allongés et de filets capturant les débris de plastiques.

ocean clean up

Le projet tel qu'il a été présenté au tout début.

ocean clean up

Composé de bouées mille fois plus volumineuses, le projet "The Ocean Cleanup" consiste à étendre deux bras flottants de 50 kilomètres chacun formant un "V" et arrimés aux fonds marins. Munis d'un "rideau" s'enfonçant dans l'eau sur trois mètres de profondeur, ils bloqueront les plastiques, récoltés ensuite dans un container.

"En déployant un seul de ces systèmes durant dix ans, nous pourrions nettoyer la moitié de la grande plaque de déchets du Pacifique, ou davantage si nous déployons plus de systèmes", a expliqué Boyan Slat.

Eprouver le terrain

Ces effets d'annonce sur cet engin ne doivent pas éclipser la réalité. Rue89 a interrogé Bruno Tassin du Laboratoire eau environnement et systèmes urbains (LEESU), pour qui "le projet ne traite qu’une infime partie du problème. Boyan Slat propose de nettoyer 140 tonnes de déchets dans l’océan, mais rien qu’en Europe, on en produit 25 millions par an…"

Le site pointe également le fait que les déchets ramassés par Ocean clean up doivent être volumineux pour se faire capturer par les filets, alors que la pollution la plus grave pour la faune marine est les micro-plastiques.

Un article du Guardian qualifie aussi le jeune Néerlandais d'optimiste. Dans son étude de faisabilité, il aurait sous-estimé la force du vent et des courants marins qui pourraient impacter la structure du filet. Il n'aurait pas non plus pris la mesure du poids de toute la biosphère qui peut s'agréger sur les filets, considérant qu'il ne s'agit pas d'un objectif prioritaire. Ce qui a laissé pantois plusieurs scientifiques.

Si ces arguments minimisent le retentissement de ce projet, il ressort tout de même que le dispositif Ocean clean up est l'un des plus prometteurs, pour le moment.

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