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Aluminium du Maroc fait le point sur sa "nouvelle gouvernance"

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De gauche à droite, Benoît Vaillant (directeur général adjoint), Abdeslam El Alami, Mohamed El Alami et Jawad Sqalli | DR
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ENTREPRISE – C’est l’histoire de deux frères, Abdelouahed et Mohamed El Alami, qui ont fondé au cours des années 70, une entreprise spécialisée dans la fabrication de profilés en alliages d'aluminium, leader aujourd’hui sur le marché, mais qui depuis peu ne s’entendent plus. Aluminuim du Maroc, qui était jusqu'à peu dirigée par Abdelouahed El Alami, a changé de gouvernance. Pour en parler, le "clan" Mohamed El Alami a organisé hier, mardi 21 juin, une conférence de presse à Casablanca.

En effet, le 31 mai dernier, il y a eu comme un coup d’Etat au sein du Conseil d’administration d’Aluminium du Maroc. Alors que la société tenait ce jour-là son assemblée générale annuelle, la révocation de deux de ses administrateurs est annoncée par Abdelslam El Alami, actionnaire de l’entreprise et neveu d’Abdelouahed El Alami. Ce dernier, ainsi que Mourad El Beid, administrateur et vice-président du conseil d’administration depuis 2013, sont les principaux concernés.

"Nous avons révoqué deux administrateurs que nous avons remplacé par Jawad Sqalli et Omar Lazraq. Suite à cette assemblée, le conseil d’administration a décidé de nommer Jawad Sqalli président directeur général de la société, en remplacement de Abdelouahed El Alami. Le conseil a remercié ce dernier pour son immense apport à l’entreprise", a fait savoir Abdelslam El Alami.

Selon ce dernier, "toutes les formalités légales relatives au changement de gouvernance" ont été finalisées le 9 juin dernier. "Cela comprend l’enregistrement des procès verbaux de l’assemblée générale, du conseil d’administration et des dépôts au tribunal de commerce. Nous avons également obtenu en date du 9 juin le modèle J de la société (document délivré par le registre de commerce attestant de l'existence juridique d'une entreprise, ndlr) qui indique la nouvelle gouvernance et la composition du conseil d’administration. Le 13 juin, on a notifié à Abdelouahed Alami la décision de révocation et les banques du changement de gouvernance, ainsi que les tiers et les fournisseurs", poursuit-il.

Les raisons de ce changement de gouvernance n’ont pas vraiment été avancées par les nouveaux dirigeants d’Aluminium du Maroc. Seule l’envie de "recentrer l’activité de la société" a été évoquée par le nouveau PDG.

Victime d’un "hold-up"

Jawad Sqalli est également revenu sur l’épisode de "l’escroquerie" de 49 millions de dirhams dont la société aurait été victime. Le 17 juin dernier, le HuffPost Maroc a reçu un communiqué dans lequel Abdelouahed El Alami, indiquait que "Aluminium du Maroc a été victime d’une escroquerie au faux IBAN au cours du premier trimestre 2016".

La même source ajoutait que "pour le règlement de l’un de ses principaux fournisseurs, la société procédait par virements bancaires en faveur du compte de ce fournisseur. Les coordonnées de ce compte ont été manipulées de telle sorte que les virements effectués par Aluminium du Maroc finissent au crédit du compte d’un tiers à l’origine de la manipulation sus-indiquée".

Mardi, Jawad Sqalli a fait savoir que la société a plutôt fait l’objet d’une "attaque cybercriminelle", voire d’un "hold-up". "Nous sommes peut être la 500e société au monde qui a subi cette attaque de cybercriminalité. Il faut savoir que ce sont des organisations extrêmement puissantes. À titre indicatif, je peux vous dire que Coca Cola, Michelin, Nestlé et bien d’autres ont subi ce genre d’attaques. Vous n’y voyez que du faux, c’est tellement bien maquillé et bien préparé que ça passe d’une manière extrêmement inaperçue, explique le nouveau PDG.

"Aujourd’hui, une plainte a été déposée aussi bien au Maroc, qu’en Angleterre, puisque la banque qui a reçu cet argent se trouve en Angleterre. Des enquêtes sont ouvertes. Elles suivent leur cours et nous attendons les résultats", poursuit-il.

Selon lui, les "50 millions sont pour l’instant suspendus. On ne sait pas où est cet argent, on va le rechercher. Tant qu’il n’est pas trouvé, il n’est pas encore perdu".

Un "trésor de guerre"

Interrogé sur l’impact qu’aura cette affaire sur les résultats financiers de l’entreprise, Jawad Sqalli s’est voulu rassurant: "Nous avons une équipe de managers de haut niveau et un staff extrêmement stable et performant. Quand on est capable de faire gagner à la société 500 millions de dirhams en 10 ans, on est capable d’absorber un choc aussi important que celui-ci".

"Je voudrais souligner aussi que la société a un trésor de guerre. Nous avons 230 millions de dirhams de report à nouveau (la partie des bénéfices qui n'est ni distribuée en dividendes aux actionnaires ou associés, ni affectée en réserves). Ce sont les dividendes des actionnaires qui n’ont pas été versées. Ce trésor est là, je pense qu’on ne va pas y toucher pour l’instant. Si l’année prochaine, on voit que les dividendes vont être un peu serrées, on prendra peut être de l’argent de la tirelire", a indiqué Jawad Sqalli.

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