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Le Maroc défend le Bahreïn contre l'Iran après la déchéance de nationalité du cheikh chiite Issa Qassem

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MOHAMMED VI
Le Maroc défend le Bahreïn contre l'Iran | DR
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DIPLOMATIE - "Le royaume du Maroc exprime son soutien total aux mesures juridiques, administratives et sécuritaires, adoptées récemment par le royaume frère du Bahreïn pour préserver son unité nationale, sa sécurité et sa stabilité". C'est ce que dit un communiqué diffusé mardi 21 juin par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération.

En plus de réitérer "son soutien aux efforts sincères déployés par le royaume du Bahreïn" afin de "renforcer les bases du dialogue national, consolider l'édifice démocratique et consacrer la stabilité et la cohésion entre les composantes du peuple bahreïni", le Maroc "souligne le droit des autorités bahreïnies à prendre les mesures appropriées pour préserver son unité nationale dans le cadre des principes de citoyenneté et de coexistence pacifique, conformément aux dispositions de sa charte nationale, ses constantes constitutionnelles et ses lois internes", ajoute le communiqué.

Une déchéance et des tensions

La prise de position du Maroc intervient après la déchéance de nationalité, par Bahreïn, du cheikh Issa Qassem. Accusé par les autorités bahreïnies de "diviser le pays et d’exacerber les sentiments sectaires", ainsi que de servir "des intérêts étrangers", Issa Qassem est considéré comme le plus haut dignitaire chiite du pays, et est l'un des principaux critiques du pouvoir en place. Sa déchéance de la nationalité a entraîné de vives protestations dans le pays à majorité chiite (60 à 70% des Bahreïnis sont chiites), dirigé par Hamed ben Issa Al-Khalifa, issu de la dynastie sunnite des Al-Khalifa.

isa qassim
Des partisans du cheikh chiite Issa Qassem, déchu de sa nationalité, le 21 juin 2016

La décision, qui intervient moins d’une semaine après la suspension par la justice du Bahreïn des activités du mouvement chiite Al Wefaq, principale formation de l'opposition, n'a pas manqué de susciter une réaction de l'Iran. Kacem Soleimani, chef des opérations extérieures des Gardiens de la révolution iranienne, a ainsi déclaré que la déchéance de Issa Qassem constitue "une ligne rouge qui va enflammer le Bahreïn et toute la région." En prenant position en faveur des mesures prises par Bahreïn, le Maroc se range du côté des monarchies sunnites du Golfe, dans la confrontation opposant ce bloc de pays à l'Iran.

En plus des Etats-unis, qui ont vivement dénoncé lundi la déchéance de nationalité de Issa Qassem, l'ONU a, de son côté, considéré que "la décision prise par les autorités de Bahreïn de déchoir de sa nationalité le chef spirituel de la majorité chiite du petit royaume du Golfe n'est pas justifiée en droit international", selon un communiqué du Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme.

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