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Au Maroc, une pétition et un sit-in pour abolir la criminalisation de la rupture du jeûne en public

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Les arrestations pour motif de rupture du jeûne se sont multipliées pendant le mois du ramadan. | Akalyat Mag
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LIBERTÉS INDIVIDUELLES - L’article 222 du code pénal marocain, qui criminalise la rupture du jeûne dans les espaces publics pendant le ramadan, continue de provoquer la colère des militants pour les droits de l’Homme. Suite à l’arrestation de plusieurs personnes au Maroc qui ont bu, mangé ou fumé en plein journée depuis le début du mois, des militants organisent un sit-in, samedi 24 juin à 21 heures devant le parlement à Rabat.

”L’article 222 ainsi que les autres articles criminalisant des faits relevant des libertés individuelles n’ont plus aucun sens dans le Maroc d’aujourd’hui et de demain”, écrit le collectif organisant le sit-in. L’article polémique du code pénal est entré en vigueur en 1963 et a "été essentiellement rédigé par des magistrats français restés au Maroc après l’indépendance”, nous expliquait récemment la juriste Michèle Zirari, qui a côtoyé quelques magistrats qui ont rédigé ce texte de loi.

Une pétition a également été mise en ligne par le collectif Akalyat, qui agit essentiellement sur les réseaux sociaux. Le mouvement, qui milite pour le droits des minorités religieuses et sexuelles, appelle à ”abolir l’article 222 du code pénal ainsi que l’ensemble des articles touchant aux libertés individuelles des citoyens” et à ”arrêter immédiatement de persécuter les personnes qui n’observent pas le jeûne pendant le ramadan”. Plus de 500 personnes ont signé la pétition sur Avaaz.

Des arrestations à la pelle

Si les différents collectifs militants pour les droits de l’Homme manifestent leur colère, c’est que les arrestations pour motif de rupture du jeûne se sont multipliées pendant le mois du ramadan.

À Rabat, au moins trois personnes ont été interpellées depuis le début du mois pour avoir mangé ou fumé une cigarette en public, selon le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (M.A.L.I). A Zagora, deux jeunes hommes ont été condamnés à de la prison avec sursis pour avoir bu de l’eau sous une chaleur dépassant les 40 degrés.

C'est sans compter plusieurs cas d’agressions dont ont été victimes certaines personnes qui avait mangé ou fumé en public. A Marrakech par exemple, un homme a été roué de coups et sérieusement blessé au visage après avoir fumé une cigarette dans une salle de jeux.

Un article sans fondement religieux?

Plusieurs mouvements, dont le M.A.L.I et l’association Bayt Al-Hikma, appellent à amender le code pénal afin d’en éliminer les articles liberticides, dont celui qui criminalise la rupture du jeûne. A ceux-ci se joignent également certains penseurs ou spécialistes de la religion.

Ahmed Raissouni, l’ancien chef du Mouvement de l’unicité et de la réforme (MUR), bras idéologique du parti de la Justice et du développement (PJD), a déclaré lors d’une conférence au Qatar que le jeûne relève davantage de la liberté de conscience de chaque individu et ne doit en aucun cas faire l’objet d’une enquête policière ou d’une condamnation en justice.

Certains tiennent à rappeler qu'aucun texte coranique ou relevant du hadith n’appelle à emprisonner les personnes n’observant pas le jeûne. Dans une vidéo publiée sur Youtube, une internaute a expliqué, textes religieux à l’appui, pourquoi poursuivre en justice les personnes qui ne jeûnent pas ou les dénoncer aux autorités est contraire à l’esprit même de l’islam.

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