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Cette internaute explique pourquoi il ne faut pas arrêter les "déjeûneurs" pendant le ramadan (VIDÉO)

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RAMADAN - "Si nous devons d'emprisonner les gens pour qu'ils appliquent la religion, c'est que nous avons échoué à la faire aimer aux gens." C'est ainsi que commente cette internaute les différentes arrestations dans plusieurs villes du Maroc de personnes ayant rompu le jeûne pendant le ramadan.

Réagissant à ces différentes interventions des autorités, Asmaa Ibnouzahir, une Youtubeuse marocaine, explique, arguments religieux à l'appui, qu'il est inconcevable d'arrêter des personnes qui ont choisi de ne pas observer le jeûne. "Si on suit cette logique, on devrait aussi arrêter les personnes qui ne prient pas, qui ne donnent pas la zakat et ceux qui ne vont pas à la Mecque alors qu'ils ont en les moyens. Jusqu'où arrivera-t-on si l'on contrôle les gens sur leurs croyances alors qu'il s'agit de convictions personnelles?"

"Il n'y a pas de contrainte dans la religion"

La jeune podcasteuse a également un message pour les personnes qui n'hésitent pas à appeler les autorités lorsqu'ils surprennent quelqu'un qui ne fait pas le ramadan: "Dieu détourne le regard des gens qui font des choses contraires à la religion. Pourquoi ne pas en faire autant et arrêter la délation?".

Enfin, Asmaa Ibnouzahir rappelle que le prophète "ne forçait personne à appliquer la religion". Selon elle, "nourrir la spiritualité des gens, reprendre la tradition pacifique du prophète pour attirer les gens vers la religion est suffisant pour conseiller les autres" sans toucher à leur liberté. Et si la personne n'est pas toujours convaincue? "Il n'y a pas de contrainte dans la religion", estime la jeune femme, citant un verset coranique.

Une atteinte aux libertés individuelles

Les différentes personnes arrêtées au Maroc pendant les premiers jours du ramadan ont été victimes de l'article 222 du code pénal qui punit d'un à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 200 à 500 dirhams quiconque "notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion".

Un texte très critiqué par plusieurs organisations qui luttent pour les droits de l'Homme qui appellent depuis plusieurs années à l'abrogation de cet article de loi au nom du respects des libertés individuelles.

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