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Critiqué sur son volet économique, le PJD réplique

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BENKIRANE
Critiqué sur son volet économique, le PJD réplique | Denis Balibouse / Reuters
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POLITIQUE - Une "menace lourde" pour la démocratie. Ainsi titrait, vendredi 17 juin, le directeur de publication de L'Economiste, Abdelmounaïm Dilami, un édito virulent contre la politique économique du PJD qualifiée, entre les lignes, de désastreuse. Une prise de position qui n'a visiblement pas plu aux ténors du PJD.

Le ministre PJDiste chargé du transport, Najib Boulif, s'est ainsi fendu d'une longue réponse publiée le jour-même sur sa page Facebook (qui compte tout de même plus de 40.000 fans), qualifiant le journal économique de "porte-parole francophone" d'un "clan" qui "se tue à répéter que le Maroc connaît une menace lourde" et que "le Maroc économique ne va pas bien".

"Le gouvernement qui mène cette 'politique économique désordonnée' selon Dilami, comporte 4 partis politiques, et donc pourquoi cibler le PJD seulement?" écrit Boulif, qui demande aussi au directeur de publication d'expliquer "pourquoi la CGEM, la Banque centrale et le GPBM (...) font leur 'sortie mémorandum' (dans laquelle ils taclaient la politique économique du gouvernement, ndlr) à 4 mois des élections". Une façon de dire, en substance, que cette sortie répond avant tout à des intérêts politiques.

Le PJD s'en prend à Abdellatif Jouahri

Ce que n'a pas manqué également d'évoquer le président du Conseil national du PJD, Saaddine El Othmani, qui fustige sur Twitter l'édito de Dilami, l'associant au "projet de contrôle" de la vie politique par "l'Etat profond", régulièrement dénoncé par le PJD.

Le parti de la lampe avait d'ailleurs accusé, samedi lors d'une réunion de son secrétariat général, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, d'utiliser la Banque centrale à des "fins politiques".

Et pour cause. Dans le mémorandum, dont l'élaboration a été coordonnée par la Banque centrale, adressé début juin au Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, Bank Al-Maghrib, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) le tiennent responsable de la récession économique et de la stagnation des investissements au Maroc. Le PJD reproche également à Jouahri le retard pris dans le lancement des banques islamiques, que les PJDistes attribuent au gouverneur de Bank Al-Maghrib.

"Un chiffre et une réalisation"

Pour tenter de redorer son image en matière de politique économique - qui, rappelons-le, n'est pas le fort de Benkirane - le PJD a aussi répliqué en publiant sur son site une série d'articles visant à faire la lumière sur les avancées du gouvernement en matière économique, comme n'a pas manqué de le rappeler le chef de parti dans son discours prononcé dimanche soir à Tanger.

Selon Abdelilah Benkirane, la réforme de la Caisse de compensation aurait ainsi permis à l'Etat d’économiser "100 milliards de dirhams". Le chef de l'exécutif a également rappelé que l'Etat avait perdu 10 milliards de dirhams à cause de la caisse marocaine des retraites, une manière de justifier sa volonté de faire passer le projet de loi (très décrié par les syndicats) sur la réforme des retraites pour renflouer les caisses.

Autre initiative lancée par le parti de la lampe sur son site, la création d'une nouvelle rubrique "Un chiffre et une réalisation", pour mettre en avant "les avancées qualitatives" opérées par le PJD depuis son accession au gouvernement. "Malgré le contexte économique difficile au niveau mondial, régional et national, l'économie marocaine a réussi à créer 38.000 emplois entre le deuxième trimestre 2014 et le deuxième trimestre 2015", fait par exemple valoir le parti. A quatre mois des élections, la bataille politique ne fait décidément que commencer.

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