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Le Café Presse Politique se frotte à la moralité

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La décision du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs de geler le rachat du groupe médias El Khabar par NessProd, filiale de Cevital de l'homme d'affaires Issad Rebrab a ouvert l'émission de ce mercredi 15 juin. "Je trouve très triste cette décision", a déploré Ihsane El Kadi, directeur d'Interface Médias, l'agence éditrice du site d'information Maghreb Emergent. "Elle est complètement contre-productive car l'Algérie se trouve dans un retard atroce en matière de médias et la première préoccupation du régime est d’endiguer le champ médiatique".

"Je ne suis pas surpris par la décision car une longue attente démontre souvent de l'intrusion du politique", a commenté, de son côté, Saïd Djaafer, directeur éditorial du Huffington Post Algérie. "Cette affaire est un classique du 4e mandat", a pour sa part, souligné Abed Charef, journaliste indépendant, fidèle à son credo. "C’est une fausse affaire car si on avait possibilité de faire des médias modernes en Algérie, cette histoire apparaîtrait dans tout son ridicule".


Un remaniement sans vision

"Un système de remerciements", "Rien de rationnel", les commentaires sur le récent remaniement ministériel se sont révélés plutôt acerbes. "On est dans une forme d’incantation magique" a déclaré, dépité, Ihsane El Kadi. "Le gouvernement n'a aucune feuille de feuille de route et cherche à ramener des individualités qui ont peut-être des idées".

Dans leur tentative d'éclairage, les journalistes du CPP ont toutefois démontrés qu'il répond "à des considérations économiques". "On dit que ce remaniement a été fait dans l’urgence et qu'une deuxième vague de changements, qui devrait notamment concerner Ouyahia, devrait intervenir prochainement", a indiqué Abed Charef.

"Le gouvernement est dans une réaction de réactivité, il réagit au coup par coup", a poursuivi le journaliste politique. "Dans ce remaniement, il y a deux nouveaux ministres qui ont été cités dans des affaires de judiciaire", a-t-il ajouté, avant de conclure : "Sur le plan de l’ethique, on va encore attendre !".

"S'il ne règle pas le problème de confiance, le gouvernement n'arrivera à rien, y compris au niveau économique", a renchéri Chawki Amari, chroniqueur au quotidien El Watan.


Pourquoi Algériens sont-ils "si indifférents" à la corruption ?

La question soulevée en début de seconde partie par l'animatrice, Souhila Benali, a suscité des réactions immédiates d'opposition. "Les Algériens n’acceptent pas la corruption, ils sont démunis face à elle, ils n’ont pas les instruments pour la combattre", a répondu Saïd Djaafer.

"Tant que l’Etat n’apporte pas une autorité morale, c’est quelque d’autre qui va le faire", a renchéri Chawki Amari. Et ce sont les islamistes qui pourraient bien profiter de cette crise morale ont affirmé Abed Charef et Saïd Djaafer.

En prenant l'exemple de la Tunisie, Ihsane El Kadi, a quant à lui souligné que "la crise morale a été résolue par la rue". "C'est d'ailleurs, la grande hantise du pouvoir" a poursuivi Saïd Djaafer. "Le pouvoir redoute particulièrement une irruption de la classe populaire et toute les hésitations sur l’économie tienne à cette appréhension".

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