Huffpost Maroc mg

L'Allemagne n'arrive pas à placer le Maroc sur la liste des "pays sûrs"

Publication: Mis à jour:
COLOGNE
Ce n’est pas demain que le Maroc sera sur la liste allemande des "pays sûrs" | DR
Imprimer

ASILE - Le placement du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie sur la liste des pays sûrs n’est pas encore avalisé. Le Bundesrat, la chambre haute du parlement allemand, a retiré vendredi de son ordre du jour le vote du projet de placer ces pays maghrébins sur la liste des "pays sûrs", rapporte l’AFP.

Adoptée le 13 mai dernier par le Bundestag, la Chambre Basse, le projet porté par la coalition d’Angela Merkel souhaite désigner le Maroc, l'Algérie et la Tunisie comme pays sûrs afin d'accélérer le refus de demandes d’asile provenant de ces pays.

Cependant, le texte n’est pas passé en raison d’une farouche opposition des Verts, majoritaires dans la Chambre haute. Ils reprochent au texte de désigner comme sûrs des pays où sévissent selon eux des discriminations envers les homosexuels, des atteintes à la liberté d'expression et des cas de torture.

Les agressions de Cologne en toile de fond

En 2015, 26.000 maghrébins ont rejoint l’Allemagne pour y demander asile parmi le million de réfugiés que le pays a accueilli l’an dernier. Seulement, les choses se sont compliquées avec les agressions de Cologne. Au lendemain de la nuit de la Saint Sylvestre, la police allemande avait en effet été saisie de milliers de plaintes de jeunes femmes qui expliquaient avoir été menacées, rackettées, ou sexuellement agressées sur le parvis de la cathédrale de Cologne.

L’enquête policière révélera plus tard que la majorité des suspects arrêtés sont des hommes d’origine maghrébine. L’affaire avait provoqué un tollé national prenant dès lors une tournure politique avec l’exploitation politicienne des partis populistes. Sous le feu des critiques, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait été obligée d’adopter un ton plus ferme.

Entre autres mesures destinées à rassurer l’opinion publique, sa coalition porte le projet de placer les pays maghrébins d’où sont issus la plupart des suspect, sur la liste des "pays sûrs".

Une tâche qui s'annonce ardue

Mais l’adoption du projet semble plus difficile qu’il n’y paraît. Pour passer, la loi doit être votée par au moins 10 landër. Or, ces derniers sont en partie dirigés par le parti des Verts, qui a déjà manifesté son opposition à cette loi. Face au blocage du vote, la coalition d’Angela Merkel envisage désormais de négocier avec l’opposition pour parvenir à une formule consensuelle.

Pourtant, même si le texte est adopté, la tâche pourrait être plus ardue au niveau des expulsions. La plupart des immigrés ne disposent pas de papiers d’identité ce qui devrait rendre leur identification formelle difficile. La chancelière allemande avait entrepris des contacts avec les pays concernés pour permettre l’identification des “expulsables“.

LIRE AUSSI: