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Collectif des familles de disparus lance la web "Radio des Sans Voix"

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Le paysage numérique et médiatique algérien a un nouveau-né. Le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) et SOS Disparus ont lancé ce mercredi 15 juin la "Radio des sans voix", une nouvelle web-radio où les militants et défenseurs des droits de l'Homme "seront libres de parler, de croire", libérés de la terreur, de la tyrannie et de l'oppression".

Lors de la présentation de cette nouvelle web-radio, Nacera Dutour, porte-parole du CFDA, a tout de go souligné le soulagement des familles de disparus. "Frustrées de ne pas pouvoir passer à la radio ni à la télévision", elles pourront, à travers ce support de communication, évoquer les disparitions forcées dont elles ont été victimes.

Une web-radio "riche et pleine de surprises", promettent ses créateurs, qui sera "tout autant attentive, dans ses émissions, à la situation des droits de l'Homme, aux harcèlements de militants, aux violences faîtes aux femmes et aux détentions arbitraires".

"Je voudrais que tous les Algériens entendent ce que les autres supports de communications ne disent pas tous les jours: les maux des familles de disparus. Tout le monde a le droit de savoir ce qui se passe en Algérie", a indiqué Mme. Dutour lors de la présentation de ce projet, au bureau de SOS Disparus à Alger-Centre.

Un lancement ponctué par une table-ronde, durant laquelle la "Radio des sans voix" est revenue sur les deux projets de loi, relatifs au Conseil national des droits de l'homme et à l’obligation de réserve des militaires reversés dans la vie civile.

Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), Nacera Dutour et Djalal Mokrani, membre de l'association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), ont animé cette table-ronde.

Témoignages, portraits et revues de presse

La "Radio des sans voix" sera composée de six émissions. Pour son lancement, cette web-radio est revenue dans ses émissions "Les valeurs humaines" et "Les citoyens de demain" sur la question du gaz de schiste. Ces rubriques traiteront de l'actualité, à travers un reportage et

Dans "Les artisans de la paix", SOS Disparus et le CFDA ont portraituré la combattante "Zohra l'Allemande". Dans cette rubrique, cette web-radio retracera les parcours de combattants ou de personnes algériennes ou étrangères ayant oeuvré pour la paix, a expliqué Lila Mokri, membre de ce projet.

LIRE AUSSI: "Zohra l'Allemande", la moudjahida des Aurès qui a suivi son amour jusqu'au cœur de la révolution

La même radio a présenté pour son lancement, dans son émission "N'oublions pas", le témoignage de Kamal Rosli sur la disparition forcée de son frère aîné Mohammed Rosli, professeur à l’université de Soumaa (Blida), kidnappé en octobre 1993.

Dans ses émissions Libre expression et Collectif pour la vérité, les animateurs et journalistes de ce support présenteront une revue de presse ainsi qu'un numéro juridique dans le domaine des droits de l'Homme.

"Une atteinte à la liberté d'expression"

S'il a refusé de commenter les motivations politiques des autorités à travers le projet de loi relatif à l’obligation de réserve des militaires reversés dans la vie civile, le président de la LADDH, Nourredine Benissad a néanmoins estimé que cette démarche est "une atteinte à la liberté d'expression des citoyens".

Commentant l'article 02, complétant l'article 24 de l'ordonnance de février 2006 sur la même obligation et stipulant que "tout manquement au devoir de nature à porter atteinte à l'honneur et au respect aux institutions de l'Etat peut faire l'objet de plainte", le même intervenant a dit regretter des "dispositions vagues" dans ce projet de loi.

"Ces articles manquent de clarté. Quels sont ces manquements qui portent atteinte à l'honneur et au respect des institutions de l'Etat. Et que signifient ces notions, précisément ?", fait-il remarquer.

Ce caractère vague, estime-il, astreint la liberté d'expression des citoyens, puisque l'application de ces lois devient "élastique".

Pour Djalal Mokrani, ce projet de loi "est entre autres lié à la question disparitions forcées et aux crimes commis durant les années 1990 en Algérie".

Il a avancé que les déclarations du général à la retraite Hocine Benhadid dans un entretien à Radio M n'a fait qu'accélérer la constitution de ce projet de loi, rappelant que l'ordonnance sur l’obligation de réserve des militaires reversés dans la vie civile date de février 2006.

Nacera Dutour a quant à elle fait remarquer que ce projet de loi est la preuve que les "auteurs de violations de droits de l'Homme durant la décennie noire se sentent mal".

"Ceux qui ont commis ou assisté à des horreurs n'en peuvent plus. Les langues commencent à se délier, ils ont alors peur", a-t-il rajouté.

A l'issue de la table-ronde, les mêmes intervenants ont réitéré le rôle de la "Radio des sans voix dans la lutte contre l'oubli". "Il ne faut pas oublier que des enfants, fils et filles, sont partis. Il faut que le peuple sache ce qui s'est réellement passé", a conclu Mme. Dutour.

LIRE AUSSI: "Les disparitions forcées sont toujours pratiquées en Algérie", selon la porte-parole des familles de disparus, Nacera Dutour

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Posted by ‎فرانس 24 / FRANCE 24 Arabic‎ on lundi 31 août 2015

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