Huffpost Maroc mg

Affaire Samir: Al Amoudi traîne le Maroc devant les tribunaux européen et américain

Publication: Mis à jour:
MOHAMED AL AMOUDI
DR
Imprimer

SAMIR - Dans son bras de fer avec le Maroc dans l’affaire de la Samir, le milliardaire saoudien Mohammed Hussein Ali Al Amoudi, principal actionnaire de la raffinerie, veut jouer une nouvelle carte. Alors que la cour d’appel de Casablanca a récemment confirmé la liquidation judiciaire de la raffinerie située à Mohammedia, le patron du groupe Corral Petroleum Holding a décidé de prolonger le feuilleton judiciaire devant des arbitres européens et américains.

Selon Akhbar Al Yaoum, Al Amoudi a décidé de porter l’affaire devant l’arbitrage du tribunal de l’Union européenne et celui du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), basé aux Etats-Unis.

Actionnaire à hauteur de 67% du capital de l'unique raffinerie du pays, le milliardaire n’a décidément pas digéré la liquidation judiciaire de sa société. Al Amoudi reproche notamment au Maroc de lui avoir porté préjudice en refusant de rééchelonner la dette de la Samir, et "réclame des compensations et indemnités pour les dommages causés par le gouvernement marocain’’, a-t-il déclaré à la même source.

Mohamed Al Amoudi a également exprimé ses regrets de voir l’affaire atteindre de telles proportions malgré ses "efforts". ‘’Malheureusement, le gouvernement marocain n’a pas pris en considération mes sacrifices et m’a fait subir des pertes financières considérables de plusieurs centaines de millions de dirhams". Le milliardaire saoudien explique avoir été "disposé à payer l’ensemble des dettes de la société et solder les impôts à sa charge, mais qu’il avait besoin de temps et d'un rééchelonnement de la dette pour y parvenir".

Dans cette démarche, Al Amoudi révèle qu’il a plusieurs fois écrit au roi mais "ces lettres ne sont peut-être pas parvenues à destination ou certains éléments de son entourage font tout pour l’empêcher d’intervenir." Pour lui, le souci du gouvernement marocain est de récupérer ses dettes plutôt que de sauver la Samir. Des dettes abyssales estimées à 44 milliards de dirhams et qui avaient causé l’interruption en août 2015, des activités de la raffinerie.

A la mise à l’arrêt de l’activité de la raffinerie avait succédé un long feuilleton judiciaire, qui avait débuté le 21 mars dernier avec la décision du tribunal de Commerce de Casablanca de placer la Samir en liquidation judiciaire. Trois jours plus tard, Al Amoudi avait fait appel de la décision du tribunal promettant à plusieurs reprises de renflouer les caisses, mais sans jamais mettre la main à la poche.

La confirmation de la liquidation judiciaire de la Samir le 1er juin 2016 n’avait pas pour autant plié définitivement l’affaire. Le milliardaire saoudien avait la possibilité d’introduire, dans un délai de dix jours, un recours en cassation conformément à l’article 731 du Code de commerce. Seulement, cette requête n’a pas été formulée. Al Amoudi avait plutôt choisi de faire appel à des avocats américains pour porter le différend devant deux juridictions internationales d’arbitrage.

Confiant quant à l’issue de cet arbitrage, Mohamed Al Amoudi espère recouvrer ses droits financiers grâce aux indemnités qui seront fixées par le tribunal européen ou le Cirdi américain. Un espoir de l’actionnaire principal de la Samir qui fait face à la détermination du gouvernement marocain.

Son porte-parole, le ministre de la Communication Mustapha Khalfi, a apporté une réponse cinglante au président de Corral Petroleum, maison mère de la Samir. "Nous sommes prêts à défendre les intérêts de notre pays par tous les moyens légaux en notre disposition". Le début d’une internationalisation de l’affaire Samir? En tout cas, les verdicts des deux juridictions sont très attendus.

LIRE AUSSI:

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
Ces Marocains à la conquête de l'Afrique
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction