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Zouhair Lahna obtient enfin l'autorisation d'exercer dans son cabinet destiné aux réfugiés

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DR ZOUHAIR LAHNA
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SANTÉ- Il avait un temps envisagé de quitter le Maroc après le blocage de son cabinet destiné aux réfugiés et aux Marocains en situation précaire, sans jamais se décourager. Aujourd'hui, le docteur Zouhair Lahna peut pousser un ouf de soulagement, puisqu'il a reçu, il y a un mois, son autorisation d’exercer dans son cabinet situé dans le quartier Oulfa à Casablanca. "Cela coïncidait avec mon départ pour la Syrie. J’ai alors préféré attendre mon retour avant de relancer", a-t-il confié à nos confrères de Yabiladi.

Le cabinet a pu démarrer ses consultations depuis la semaine dernière et les prévisions pour les opérations chirurgicales se font au cas par cas. Pourquoi alors avoir attendu un mois avant de rendre publique cette bonne nouvelle? Joint par le HuffPost Maroc, le médecin explique cette temporisation par le fait d’avoir voulu "couper court à la polémique’".

Bloqué pour "concurrence déloyale"

Une polémique qui a débuté mi-janvier, lorsque le chirurgien obstétricien, membre de Médecins sans frontières (MSF), a ouvert le centre Injab destiné à soigner gratuitement les réfugiés syriens et subsahariens au Maroc.

Dix jours seulement après l’inauguration du nouveau, une équipe d’inspection du ministère de la Santé a fait une descente. Quelques jours après le passage des inspecteurs, le docteur est sommé de fermer le dispensaire où il exerce de manière bénévole.

Motif officiel? "Ni le ministère de la Santé ni le Conseil de l’ordre des médecins n’a reçu une demande d’autorisation pour l’ouverture de ce dispensaire. Il s’agit d’un exercice illégal de la profession. D’autant que cela favorise aussi la concurrence déloyale vis-à-vis des médecins et hôpitaux qui payent des impôts", avait confié le ministre de la Santé Houcine El Ouardi au HuffPost Maroc. Le dossier du docteur Lahna était pourtant sur la table de l’Ordre des médecins de Casablanca.

Face à cette opposition, le docteur Lahna avait envisagé un temps délocaliser son centre dans un autre pays afin de poursuivre son projet. Pendant un temps, il a aussi pensé dématérialiser le centre en le lançant sous la forme d’une plate-forme digitale.

"La médecine n'est pas faite pour gagner de l'argent"

Aujourd’hui, la polémique est retombée et le médecin qui croit fermement que "la médecine n'est pas faite pour gagner de l'argent" peut se consacrer à son projet humaniste. Rentré de Syrie quatre jours avant le ramadan, le "docteur des pauvres" nous confie ne pas être là "pour changer le cours de la santé publique au Maroc mais juste pour apporter (sa) modeste contribution".

L’octroi de cette autorisation qui "a pris du temps à cause d’un problème politique", explique-t-il au HuffPost Maroc, lui aura permis de développer des projets connexes, toujours au service des plus démunis. "J’ai pris du recul, j’ai continué à opérer mes patientes et à effectuer mes voyages de formation des sages-femmes et gynécologues en Syrie. J’ai entamé également la formation des sages-femmes marocaines qui exercent dans des conditions difficiles dans le secteur public en adoptant l’apprentissage de techniques d’obstétrique d’urgence pour le Maroc", a-t-il écrit sur sa page Facebook, quelques minutes après notre entretien téléphonique.

"Finalement, ce retard de réouverture m’a peut-être empêché de soigner un certain nombre de patientes, mais il m’a permis de diversifier mon offre de soins pour mes compatriotes les plus démunis en mettant en place une formation adaptée aux sages-femmes qui les prennent en charge."

Un centre de formation pour les sages-femmes

Le médecin souhaite désormais lancer un centre de formation pour les sages-femmes marocaines. Un projet similaire sera lancé un peu partout en Afrique dont un prochainement au Sénégal avec pour objectif "d’investir dans les capacités des soignantes pour donner le meilleur d’elles-mêmes et ce avec les conditions existantes".

La persévérance du docteur Lahna a finalement eu raison des obstacles à l’ouverture du centre Injab. Une opposition qui a fait du médecin humanitaire un modèle qui suscite des vocations chez les futurs étudiants en médecine et chez ses collègues. A leur adresse, il lance d'ailleurs un message de sensibilisation.

"Je conseille mes jeunes collègues à chercher des moyens d’exercer leur beau et noble métier en utilisant des moyens novateurs, à faible coût et tournés vers le bien-être et l’intérêt de leurs patients. Ce sont les clefs de la réussite personnelle et sociale."

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