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La municipalité d'Agadir menace de tuer les chats d'un militant pour les droits des animaux

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CHATS AGADIR
Soit il disperse ses 56 chats, soit ils seront tous tués au bout de 48 heures. | Souss Plus
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ANIMAUX - Mauvaise nouvelle pour Nour Eddine El Adaoui. Le président de l'association de la miséricorde, l'environnement et la protection des animaux à Agadir pourrait être contraint à mettre fin à l'un de ses projets en faveur des chats de la ville.

Egalement commerçant au marché du dimanche de la ville, il y a installé un petit jardin d'environ 5 mètres carrés où il prend soin des chats de la galerie marchande. "Auparavant, ces animaux étaient persécutés par les commerçants qui mettaient fin à leur vie en leur donnant du poison", a-t-il déclaré au site régional Souss Plus.

Sauf que cette initiative n'est pas du goût des autorités. Lundi 13 mai, une commission de la municipalité d'Agadir est venue lui poser un dilemme. Soit il disperse ses 56 chats, soit ils seront tous tués au bout de 48 heures, à en croire son témoignage. Pourtant, ce petit jardin est devenu une attraction pour les enfants et les touristes, nombreux à se prendre en photo devant ce parc de félins qui ne semble pas déranger son environnement.

Le militant pour les droits des animaux a décidé de ne pas céder. "Ces chats sont tous traités et disposent chacun d'un carnet de vaccination. Ils sont également castrés ou stérilisés au bout de trois mois", assure-t-il, preuves à l'appui.

"Le prophète nous a conseillés de prendre soin des bêtes"

Le commerçant, qui a pris l'habitude de nourrir ses animaux et nettoyer leur jardin à chaque fin de journée, dit avoir contacté des organisations internationales pour la protection des animaux. "Le prophète nous a conseillés de prendre soin des bêtes. Qu'ils me tuent moi mais ne touchent pas à mes chats. Je défie quiconque de les approcher", renchérit-il.

Hassina Banati, vice-présidente de l'association, a également manifesté sa colère face à la caméra du média local. "Nous avons noté par le passé que plusieurs chats sont empoisonnés. Pour notre part, nous les castrons et stérilisons afin d'éviter que leur nombre augmente, explique-t-elle. De toute façon, cette petite place était juste polluée par un amas d'ordures avant que l'on décide de la réaménager. Je ne vois pas pourquoi ils s'opposent à notre action. Qu'ils fichent la paix aux animaux."

Alors que le sort des chats du marché du dimanche devrait se préciser ce mercredi 15 juin, le militant associatif Nour Eddine El Adaoui, accompagné des membres de son association ainsi que d'autres habitants de la ville plaidant pour sa cause ont organisé un sit-in mardi au marché afin de protester contre la décision de la municipalité.

Des chiens de rue abattus

Ce n'est pas la première fois que les autorités marocaines sont pointées du doigt pour mauvais traitements infligés à des animaux. En février, des vidéos de chiens errants abattus à coups de fusils à Salé avaient indigné les internautes.

Idem à Ksar El Kébir où une campagne d'extermination des chiens errants a été lancée fin mars. Dans une vidéo postée sur Facebook, on pouvait voir des cadavres de chiens empilés dans une camionnette, dont certains sont blessés grièvement mais toujours vivants.

Plusieurs associations avaient réagi à ce massacre et appelé à adopter d'autres mécanismes, comme la stérilisation afin de réduire la population canine dans les rues.

Ce que dit la loi

Dans l'article 609 du code pénal marocain, "ceux qui occasionnent la mort ou la blessure des animaux soit par l'emploi ou l'usage d'arme sans précaution ou par des jets de pierres ou d'autres corps durs, qui exercent publiquement des mauvais traitements envers les animaux domestiques ou qui les maltraitent par le fait d'une charge excessive sont punis d'une amende de 10 à 120 dirhams".

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