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Yousra Belabès, réinvente le papier avec talent et dextérité

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Orangami
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C’est à la fois le support de ses premiers jets d’inspiration et la matière première de ses créations artistiques. Yousra Belabès est une artiste qui s’exprime en papier. Elle maîtrise de manière surprenante l’origami un art délicat ancestral Japonais.

A l’occasion des journées de la mode organisé par l'institut culturel français, Yousra s’est distinguée par ses œuvres originales, des robes en papier. Il fallait y penser ! Et le défi est "soigneusement" relevé. Les prouesses techniques du travail forcent l’admiration.

"Le tout est d’imaginer un modèle, le dessiner, créer un patron et au lieu de choisir les tissus on choisit du papier qu’on découpe, plie, froisse et le tour est joué" s’amuse à décrire Yousra.

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Du papier récupéré en guise de tissus, c’est avant tout un hommage à la protection de l’environnement. Mais aussi une façon
de présenter son art qui consiste à plier du papier.

Seulement pour un résultat aussi parfait, il faut des doigts agiles et beaucoup de patience. Et si l’on observe les créations de
Yousra il est difficile de ne pas admettre qu’elle est une artiste à part entière.

Pour ses créations, elle utilise toute sorte de papiers ; papier journal, papier magazine, du papier hygiénique…etc.

Ses robes en papier elle les a réalisé dans le cadre d’un atelier intitulé «origami/ mode /recyclage», animé au niveau de l’institut Cervantès d’Oran.

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"Cet atelier a compté la participation de personnes aux univers professionnels complètement opposés. Cette diversité nous
a permis de faire un travail esthétique, innovant et surtout écologique. L’interculturalité est un atout enrichissant pour l’origami, cet art est appréciable car il n’est pas exigent si ce n’est d’être assez curieux pour vouloir l’apprendre", souligne Yousra.

Elle tient à préciser que l’origami est un loisir qui s’apprend à tous les âges et son apport pour la personne s’avère
intéressant.

"Au-delà de sa dimension artistique, l’origami est bon pour la santé. Il est un parfait loisir pour les personnes âgées ou
malades car il occupe et ne demande pas beaucoup d’efforts, il est aussi un exercice pour la mémoire", précise-t-elle.

La maîtrise de l’origami, c’est au Japon ce pays où elle a vécu étant enfant qu’elle l’a apprise. Le souvenir de ce pays dont
elle se sent si proche, elle le conserve en continuant à cultiver la pratique de l’Origami.

"Mes parents se sont installés au Japon lorsque j’avais deux mois, on y a vécu jusqu'à mes 7 ans. Je suis très imprégnée de la culture de ce peuple et ce pays lieu de mes premiers souvenirs. C’est à la crèche que j’ai appris le pliage du papier. Il faut savoir que l’origami au Japon se pratique à tous les âges, chez les enfants de manière ludique, chez les adultes pour rompre la routine et chez les personnes âgées".

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En rentrant en Algérie, son père décèle en elle cette fibre artistique pour cet art. Afin de préserver cet atout, il lui achète
des livres sur cet art populaire et universel. Seulement l’origami est méconnu en Algérie, Yousra n’a ni l’occasion de consolider son savoir, ni de la partager.

Si durant des années, elle le pratiquait comme un loisir. En 2006 une opportunité se présente et va enfin lui permettre de
rebâtir un pont entre ses deux cultures.

"En 2013, un ami me sollicite pour animer un atelier sur l’origami à l’occasion des journées manga qui s'organisent chaque année à l’institut français d’Oran. Certes l’idée m’a enchanté mais j’avais beaucoup de craintes car j’étais amatrice de cet art et j’appréhendais la réaction des gens", se souvient-elle.

Au vu de la réaction de ravissement des gens en face de son art, Yousra décide de se consacrer sérieusement à sa passion.

"Depuis 2006 j’anime des ateliers d’initiation sur l’origami à l'instit français d'Oran et à Tlemcen depuis cette année. le fait d’avoir un public dont l’intérêt pour l’origami et toujours grandissant m’encourage à toujours m’améliorer et affiner mes idées et techniques de travail" raconte-t-elle.

Jusqu’à ce que la figure émerge de ses doigts de fée, Yousra doit rester précise et imperturbable. Des qualités qui se sont
profilés en elle au fil du temps. Mais l’origami n’est pas la principale activité de cette jeune artiste de 28 ans.

Yousra a poursuivi des études de management et travaille actuellement dans une banque.

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Après son parcours universitaire, elle s’est inscrite à l’école des beaux-arts d’Oran, dans le but d’apprendre des réflexes
manuels. Elle se souvient de ce premier dessin qui avait laissé une de ses professeurs perplexe. "On devait dessiner une table, en voyant mon dessin d’emblée mon professeur me dit que l’utilisation de la règle était interdite, seulement le trait que j’ai dessiné était à la main", se souvint Yousra.

Yousra n’a pas continué à l’école des beaux-arts. "Je ne parvenais pas à me lâcher. Mes dessins était toujours précis et
symétrique des qualités qui me viennent probablement de la pratique de l’origami" dit-elle.

Son ambition est de transmettre sa passion à un grand public. Actuellement, elle attend l’agrément de son club "Orangami", créé en 2013, afin de mettre en place un programme d’activité autour de l’origami pour enfants et adultes.

"Lorsque Orangami sera officialisé j’aspire à conduire un travail artistique régulier, avec des expositions des ateliers à
thème, des conférences. Je souhaiterais me déplacer dans d’autres wilayas et dans les hôpitaux car l’origami est un loisir créatif qui donne lieu à une réelle harmonie", conclut Yousra.

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