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Le Maroc cité dans le procès opposant la Libye à une banque américaine

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GOLDMAN
Goldman Sachs est une banque d'investissement américaine créée en 1869 | DR
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JUSTICE - Le Maroc est cité dans une affaire de justice où plusieurs millions de dollars sont en jeu. Il s’agit du procès intenté par le fonds souverain libyen (Libyan Investment Authority (LIA), chargé de la gestion des revenus pétroliers de la Libye) contre la banque américaine Goldman Sach, ouvert lundi à Londres.

Dans cette affaire, Goldman Sach est accusé d’avoir profité du manque d’expérience des responsables du fonds, créé en 2006, pour décrocher des contrats.

Selon LesEchos.fr, tout a commencé en 2008 lorsque l’établissement bancaire a commencé à conseiller le fonds, doté de 60 milliards de dollars, sur des investissements avec en prime, plusieurs commissions empochées. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. La LIA s’est mis à "spéculer sur les dérivés de valeurs bancaires avec à la clé des pertes colossales estimées à 1,8 milliard dont la moitié liée aux seuls produits de Goldman".

Pour le fonds libyen, la banque américaine a profité de leur naïveté pour les pousser à investir dans des marchés risqués. Chose que Goldman a totalement nié.

"La crise du crédit et son impact sur les marchés dans le monde entier se sont révélés bien plus longs que ne l'avaient prévu LIA et la grande majorité des acteurs du marché", a défendu l'avocat de la banque. Et d’ajouter: "LIA a été victime d'une dépression financière non anticipée et non des méfaits" de Goldman Sachs.

Des voyages de luxe au Maroc

La banque américaine est également accusée de pratiques douteuses lui ayant permis de décrocher des contrats avec le fonds. Selon le Financial Times, Goldman Sachs aurait ainsi offert un stage de 13 mois, rémunéré à 50.000 dollars, à Haitem Zarti, petit frère de Mustafa Zarti, alors chef adjoint du fonds libyen. Mais ce n’est pas tout.

La banque lui aurait également payé des voyages luxueux au Maroc et organisé des soirées alcoolisées avec des jeunes filles. C’est le Marocain Youssef Kabbaj, ancien responsable Moyen-Orient et Afrique du Nord de la banque, qui aurait emmené Haitem Zarti en voyage au royaume.

"M. Kabbaj a emmené Haitem en vacances au Maroc à diverses occasions. Il l’a également convié à Dubaï pour participer à une réunion d’affaires, avec billets d’avion en classe affaires et hébergement dans un hôtel cinq étoiles, payés par Goldman Sachs. Les documents divulgués par Goldman Sachs montrent qu’au cours de ce voyage, M. Kabbaj est allé jusqu’à prendre des dispositions pour engager deux prostituées afin de s’amuser pendant une soirée", a affirmé la défense du fonds libyen, lundi, devant la Cour suprême londonienne, rapporte The Guardian.

Un autre Marocain du nom de Driss Ben Brahim serait lui aussi impliqué. Celui qui était alors chef de la division des marchés émergents avait envoyé un message en interne dans lequel il affirmait que le nouveau fonds était "très rudimentaire et tout le monde pourra le violer". Celui-ci a été lu par l’avocat de la LIA hier, devant le juge de la Cour suprême de Londres.

Pour l'instant, le procès n'est qu'à son début. D'autres détails devraient être dévoilés durant les prochains jours.

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