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"Allô Jeddah" la caméra cachée qui crée la polémique: Ben Ali sonnera-t-il la fin de la récréation?

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ALLO JEDDAH
capture écran
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BEN ALI - Wassim Herissi, alias Migalo, est la star de ce mois de Ramadan et pour cause; le célèbre imitateur tunisien anime une caméra cachée où il se fait passer pour l’ancien président, Zine El Abidine Ben Ali.

Présentée par l’animateur Maki Halal, la caméra cachée met l’invité devant une communication par Skype avec Ben Ali, dont la voix est bien évidement imitée par Migalo.

Selon les taux d’audimat, l’émission est en train de connaître un important succès.

Il aura fallu que la chaîne "Attessia" diffuse deux épisodes pour que les réseaux s’enflamment: certains internautes ont en effet estimé que la caméra cachée joue en faveur de l’ancien président et blanchie son image.

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Bien qu’elle soit assez importante, cette polémique n’a pas trop dérangé la chaîne puisque le débat n’a fait qu’augmenter l’intérêt des téléspectateurs pour la caméra cachée. Rien de plus normal comme réaction.

Ce qui a été choquant par contre, c’était d’entendre dire que l’ancien président a demandé à ses avocats en Tunisie de porter une plainte judiciaire en référé contre "Allô Jeddah".

Estimant que la caméra cachée engage des propos diffamatoires à l’encontre de leur client, les avocats de Ben Ali ont obtenu une audience qui aura lieu aujourd'hui.

Une autre plainte a été adressée à la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) par Mounir Ben Salha. Le président de l’HAICA, Nouri Lajmi, a indiqué, dans une déclaration accordée à la TAP, que le Conseil de l’Instance se réunira prochainement afin d’étudier la plainte en question.

Intervenant sur les ondes de la radio Express FM, le président du comité de défense de Ben Ali en Tunisie, Mounir Ben Salha, a déclaré que son client estime qu’il existe des propos incitant au meurtre ce qui l’a amené à demander à ce que la diffusion de la caméra cachée soit suspendue. Selon maître Ben Salha, Ben Ali demeure un citoyen tunisien bénéficiant de tous ses droits et peut donc intenter des procès.

Questionné sur le sort de l’ancien président, l’avocat a indiqué que Ben Ali compte rentrer en Tunisie et faire face à la justice tunisienne et ce dès que son retour est assuré par les dispositions nécessaires.

Contacté par le HuffPost Tunisie, l’avocat de Ben Ali Mounir Ben Salha affirme: "Il faut tout d’abord préciser: Ben Ali ne veut rien imposer aux médias; porter plainte pour diffamation et insulte ne veut absolument pas dire que l’on est en train de combattre la liberté de presse" affirme t-il.

"L’ancien président n’a jamais été dérangé par le concept en question – d’ailleurs, il ne demandera jamais à ce qu’on arrête de le critiquer au niveau de sa politique –, ce qui est réellement dérangeant dans toute cette histoire c’est les propos insultants et haineux que l’on tient à son encontre -il vous suffit de revoir l’épisode d’Imed Dghij-." renchérit Mounir Ben Salha.

Selon l'avocat de Ben Ali, "ce n’est pas parce qu’il n’est plus président qu’il n’a plus le droit à sa dignité, ce n’est pas parce qu’il n’est plus président que son fils, mineur, doit regarder des atrocités pareilles se dire sur son père, sur une chaîne télévisée. Ben Ali est un citoyen qui doit être respecté comme tout autre citoyen tunisien".

A la question de savoir si les invités "victimes" de la caméra cachée peuvent, par la suite, demander à ce qu’on ne diffuse pas leur passage, Mounir Ben Salha nous a assuré que cela est possible conformément au droit de l’image.

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