Huffpost Maroc mg

Ce que l'on sait de l'attaque meurtrière qui a visé un club gay d'Orlando

Publication: Mis à jour:
ATTAQUE ORLANDO
Ce que l'on sait de l'attaque meurtrière qui a visé un club gay d'Orlando | AFP
Imprimer

ÉTATS-UNIS - Un homme armé a commis un véritable massacre dans un club gay d'Orlando (Floride) dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juin. Cette attaque a fait 50 morts et 53 blessés, selon les derniers bilans. L'auteur de cette fusillade, la plus terrible dans l'histoire des États-Unis, est un ressortissant américain de 29 ans, identifié comme étant Omar Seddique Mateen.

"Nous en savons assez pour dire qu'il s'agit d'un acte de terreur et de haine", a affirmé Barack Obama lors d'une très brève allocution en direct de la Maison Blanche. Sur les réseaux sociaux, les réactions tristes et indignées se succèdent, tandis que les habitants d'Orlando se sont mobilisés en très grand nombre pour faire don de leur sang.

Le point sur ce que l'on sait de cet effroyable massacre.

Que s'est-il passé ?

Omar Seddique Mateen est entré dans le Pulse, vers deux heures du matin dimanche, armé d'un fusil d'assaut AR-15 (une puissante arme automatique) et d'une arme de poing. Il a tiré aveuglément dans la foule selon le récit fait par des témoins. "Quelqu'un a commencé à tirer. Les gens se sont jetés sur le sol", a raconté l'un d'eux. "Il y a eu une courte pause dans les tirs et certains d'entre nous ont pu se lever et sortir en courant vers derrière" de l'établissement.

Ce témoin dit avoir entendu "des tirs continus" pendant probablement moins d'une minute, mais que cela lui a paru beaucoup plus long. "Je n'ai vu aucun des tireurs. J'ai juste vu des corps tomber. J'étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j'ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout"; a-t-il ajouté.

"Cela a tourné à la prise d'otages", a déclaré le chef de la police John Mina. "Vers 05 heures du matin, la décision a été prise de secourir les otages qui étaient à l'intérieur", a-t-il ajouté. Après l'intervention du SWAT (les forces d'intervention américaines), le suspect, Omar Seddique Mateen, était mort.

Quel était le lieu visé ?

Le club Pulse, théâtre du massacre d'Orlando dimanche 12 juin à l'aube, s'affiche comme l'une des boîtes de nuit emblématiques de la cause des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans-genres, intersexuées) en Floride et aux Etats-Unis.

"Un univers de divertissement et de fantasme, le club le plus chaud d'Orlando", ainsi se présente Pulse sur son site internet, agrémenté de nombreuses photos de fêtards parfois un brin sulfureuses. Le club est réputé aussi pour ses spectacles de drag queens. Visiblement, l'assaillant n'avait pas choisi sa date au hasard puisqu'il s'agissait de la nuit de la gay pride aux Etats-Unis.

Pulse fait partie d'un réseau communautaire dynamique en Floride, faisant notamment la promotion des prochains Gay Games qui doivent se tenir à Paris en août 2018, une manifestation sportive mondiale à laquelle la ville d'Orlando était candidat. Une cible de choix pour Omar Seddique Mateen.

Qui est Omar Seddique Mateen ?

Omar Seddique Mateen, né en 1986 à New-York, était un américain de 29 ans d'origine afghane. Interrogé par des médias, son père avait d'abord assuré que "cela n'a rien à voir avec la religion". Mir Seddique a raconté à la chaîne NBC que son fils avait été rendu furieux il y a quelques temps en voyant deux hommes s'embrasser devant sa femme et son fils. "Nous n'étions au courant de rien. Nous sommes choqués comme tout le pays", a ajouté le père, après avoir présenté ses excuses au nom de sa famille.

Le FBI a confirmé en début de soirée son identité (portrait ci-dessous).

En début de journée, l'agence fédérale américaine avait expliqué que le suspect pourrait avoir "un penchant" pour le terrorisme islamiste. Une information qui sera confirmée quelques heures plus tard. En effet, l'individu a prêté allégeance à l'Etat islamique avant de commettre la tuerie. Juste avant d'agir, il a téléphoné au 911 pour signifier son allégeance à Daech. Par ailleurs, l'une des branches médiatiques de l'EI a revendiqué formellement cet acte, déjà qualifié de "terroriste" par certains politiques.

Autre information importante: l'auteur du massacre avait été interrogé à plusieurs reprises par la police fédérale mais sans suite, a indiqué un responsable du FBI. "Le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d'éventuels liens avec des terroristes", a expliqué Ronald Hopper au cours d'une conférence de presse, précisant qu'il avait été interrogé à deux reprises. Il avait une nouvelle fois attiré l'attention du FBI pour des liens avec un kamikaze américain.

"Au final, nous n'avons pas été en mesure de vérifier la substance de ses commentaires et l'enquête a été close", a conclu ce responsable du FBI. Une enquête pour "acte de terrorisme" a été ouverte par la police fédérale.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.