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Euro-2016 - Violences à Marseille, un supporter anglais entre la vie et la mort

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EURO 2016 VIOLENCES
Des gaz lacrymogènes lancés pour disperser des supporteurs de foot anglais, le 11 juin 2016 à Marseille | AFP
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Un supporter anglais est entre la vie et la mort après des violences sur le Vieux-Port de Marseille en marge d'Angleterre-Russie, qui rappellent que l'Euro-2016, focalisé sur les menaces d'attentat, court aussi le risque du hooliganisme.

Selon une source policière, le supporter a reçu vers 17H30 "des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête", et un CRS a tenté de le ranimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Il a fait un malaise, a été ranimé, mais son pronostic vital est engagé, a complété le préfet de police Laurent Nunez.

Des journalistes de l'AFP ont vu un homme à terre, le visage tuméfié et ensanglanté, en train de subir un massage cardiaque de la part des forces de l'ordre.

Supporter frappé au sol par plusieurs autres, chaises de bars et bouteilles qui volent, nuages de lacrymogènes : un nouveau seuil dans la violence a été franchi samedi sur le Vieux-Port de Marseille, avec une série de heurts entre supporters des deux camps et contre les forces de l'ordre. Les scènes de guérilla urbaine s'y succèdent crescendo depuis jeudi soir.

Ces nouveaux affrontements ont éclaté cinq heures avant le match, vers 16H00, alors que plusieurs centaines de supporters, souvent très alcoolisés, étaient rassemblées sur le Vieux-Port.

A 21H00, au coup d'envoi de cette rencontre considérée comme l'une des cinq plus risquées de l'Euro 2016, les marins-pompiers dénombraient 19 blessés dans ces affrontements, dont trois graves et le supporter anglais entre la vie et la mort.

- "Complètement bourré" -


Les principales craintes liées à la sécurité pour l'Euro concernent les éventuels attentats. Mais les violences de Marseille rappellent que le hooliganisme est toujours là et que la crainte du terrorisme ne doit pas l'éclipser.

euro 2016

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné dans un communiqué "le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-supporteurs".

Il a assuré que le risque de violences extra-sportives "était pleinement pris en compte" par ses services, "au même titre que les autres menaces, terroristes notamment", dans un "contexte" de violences liées aux hooligans lors de compétitions internationales de football "depuis près de trente ans".

Une heure avant le match, de nouveaux incidents ont éclaté aux abords du stade Vélodrome, où étaient rassemblés des centaines de supporters.

Les forces de l'ordre ont utilisé des grenades lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les supporters russes et anglais, dont certains se battaient ou lançaient des bouteilles sur le rond-point du Prado, aux abords du stade. L'ordre a été rapidement rétabli, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au coup d'envoi du match, dans un climat de tension palpable, l'hymne russe a été copieusement sifflé dans un stade Vélodrome à forte majorité anglaise.

"Ce n'est pas une bonne idée d'avoir programmé le match à 21H00. D'ici là, tout le monde sera complètement bourré", avait dit à l'AFP dans l'après-midi un supporter anglais, Danny Hart, 23 ans. Un autre fan anglais, qui n'a pas donné son nom, a affirmé que lui et ses camarades avaient été chargés par "une centaine de Russes venus de nulle part".

Ces scènes de violence urbaine renvoient 18 ans en arrière, presque jour pour jour et au même endroit: elles rappellent celles qui avaient entouré le match Angleterre-Tunisie les 14 et 15 juin 1998 au premier tour du Mondial et avaient impliqué des supporteurs anglais, tunisiens et de jeunes Marseillais.

"C'est les Anglais. A quoi vous attendiez-vous ? On sait ce que ça va donner quand ils viennent ici", a déploré Laurent Ferrero, patron d'une pizzeria. L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro-2016, a "fermement condamné" dans un communiqué les "incidents à Marseille", dénonçant "des actes de violences" de "gens qui n'ont rien à faire dans le football"

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- Attention à Turquie-Croatie -

Un deuxième des cinq matches classés "niveau 3" sur une échelle de risques de 4 aura lieu ce week-end: Turquie-Croatie, dimanche au Parc des Princes à Paris (Gr. D).

Les trois autres sont Allemagne - Pologne (Gr. C, le 16 juin au Stade de France), Angleterre - Pays de Galles (Gr. B, le 16 juin à Lens) et Ukraine - Pologne (Gr. C, le 21 juin, encore à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale (CCPI), sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

Dans de telles circonstances, le sport et les trois matches du jour, Angleterre-Russie, Albanie-Suisse (0-1) et pays de Galles - Slovaquie (2-1) passent complètement au second plan.

Sur le front social, les grèves qui touchent la France depuis dix jours se poursuivent ce week-end. Pour autant, les déplacements des supporters ne devraient pas être perturbés.

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