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Fuites du bac, un fléau qui touche plusieurs pays du monde arabe

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Au Maroc, 53 personnes viennent d'être arrêtées pour leur implication présumée dans des fuites de sujets du baccalauréat | DR
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EXAMENS - Il n'y a pas qu'au Maroc que les épreuves du baccalauréat ont été entachées par des fuites des examens. En Egypte ou encore en Algérie, des scandales similaires font la une des médias.

Au Maroc, 53 personnes viennent d'être arrêtées pour leur implication présumée dans des fuites de sujets du baccalauréat, alors que le ministère de l'Education nationale a recensé plus de 1.800 cas de triche. Et si les pages Facebook Tasribat sèment la zizanie lors des épreuves du baccalauréat au Maroc (en 2015, la publication d'une épreuve de mathématiques sur les réseaux sociaux avait poussé le ministère de l'Education à annuler celle-ci et à la faire repasser aux candidats quelques jours plus tard), en Algérie, la plupart des épreuves du baccalauréat ont été publiées cette année sur Internet bien avant le début des épreuves.

Une situation alarmante qui a obligé la ministre algérienne de l'Education nationale Nouria Bengherbit à faire repasser les épreuves à quelque 300.000 lycéens, sur les 800.000 candidats. Cette décision répond aux critères de "l'équité et de l'égalité des chances garantis par la Constitution", a fait savoir la ministre.

Mais cette décision n'a pourtant pas calmé les ardeurs des détracteurs de la ministre. Son bras droit a même dénoncé "un complot" contre Nouria Bengherbit. Alors qu'une enquête a été ouverte pour déterminer l'identité des fraudeurs, certains députés, dont ceux d'Ennahda, ont exigé la démission de la ministre, tenue pour responsable.

Le durcissement des peines n'y fait rien

A l'heure où les départements concernés annoncent chaque année le renforcement des contrôles dans les lycées et, parfois, le durcissement des peines à l'égard des fraudeurs, rien n'y fait. Certains candidats osent toujours se rendre aux centres d'examen munis d'oreillettes et de smartphones.

L'Egypte n'est d'ailleurs pas à l'abri de ce fléau. Le ministère de l'Education nationale a ainsi annoncé que les candidats devaient repasser, fin juin, les épreuves d'éducation religieuse qui ont fuité sur le web. En tout, 560.000 lycéens étaient concernés. Dans la foulée, le département égyptien chargé de l'éducation a annoncé avoir mis la main sur le coupable, qui avait créé une page Facebook afin de "semer la zizanie lors des épreuves du baccalauréat".

Ces cas de fraude qui entachent les examens du bac dans l'ensemble des pays de la région ne datent pas d'hier. En 2012, la Tunisie a eu à gérer une crise similaire après la fuite d'une épreuve d'arabe dans la ville de Ben Arouss, à travers une page Facebook également nommée "Tasribat". Ces pages ont d'ailleurs causé des troubles une nouvelle fois en 2014 et en 2015 en Tunisie. A chaque fois, des enquêtes ont été ouvertes afin de mettre la main sur les coupables.

Pour durcir la lutte contre les fraudeurs, le Maroc vient d'adopter le projet de loi 02-13, concernant la répression des fraudes aux examens. Selon le texte, les élèves ou étudiants pris en flagrant délit de fraude écopent d'un avertissement de la part des surveillants. Ce n'est qu'en cas de récidive que la feuille d'examen leur est retirée. Le surveillant établit, le cas échéant, un procès-verbal dans lequel il mentionne l'identité du candidat, la nature de la fraude ainsi que le moyen utilisé. Le PV est transmis à une commission disciplinaire qui décide de la sanction à prendre à l'égard du fraudeur.

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