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Quand Amir Rouani explore les sacs des Marocaines (Interview)

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Amir Rouani avec les danseuses du clip Lm3allem | DR
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CULTURE - Amir Rouani se met à la photo! Le réalisateur marocain qui s’est fait connaître auprès du grand public avec la série humoristique "L’Couple", mais aussi avec le clip "Lm3allem" de Saad Lamjarred expose pour la première fois, samedi 16 juin, ses clichés très particuliers qui s’intéressent au contenu des sacs des Marocaines.

HuffPost Maroc: Parlez-nous de cette exposition

Amir Rouani: Depuis quelques années, j’ai été intriguée par les sacs des femmes et ce qu’il y avait dedans. Un jour, j’ai pris une photo que j’ai postée sur Instagram. Une personne de Nivea a trouvé ça génial et m’a demandé si on pouvait collaborer ensemble. Ça a démarré comme ça.

De mon côté, j’avais déjà pris plein de photos dans ce sens et je voulais justement en faire une expo. Ce qui est bien aussi, c’est que j’ai pu joindre l’utile à l’agréable, c’est à dire faire un projet sympathique, qui avait pour moi un côté artistique au début, sauf que cette fois, il a été soutenu par une marque.

L’exposition va avoir lieu le 16 juin, au Studio des Arts vivants (Ndlr: à Casablanca, à partir de 21H30), sur la route d’Azemmour. Il y aura pleins de sacs en grand format qu’on a pas l’habitude de voir. Ce qui est sympa, c’est qu’on voit ces sacs d’en haut, donc on voit ce qu'il y a dedans. On peut trouver des petits textes à l’intérieur, comme on peut trouver des œufs et un demi litre d’huile… Au fait, j'essaie d’infiltrer un peu l’intimité des femmes.

Sinon, pourquoi vous êtes absent de la programmation télé ramadanesque cette année?

C’est bien de se reposer de temps en temps. Ça fait maintenant trois ans que j’ai fait la première saison de "L’Couple", la deuxième ensuite. J’ai fait "Khawassir" l’année dernière et cette année je voulais vraiment me reposer.

J’ai expérimenté d’autres secteurs pour apprendre plus de choses. Je me suis un peu concentré sur les publicités comme celle de Morocco Mall (spot diffusé depuis quelques jours pour le changement de l’identité visuelle du centre commercial) où il y a un univers un peu décalé.

On n’est pas habitué à voir ce genre de spots au Maroc. C’est une équipe 100% marocaine qui a bossé dessus, avec des effets spéciaux et tout. Je voulais vraiment aller dans ce secteur là et prouver que des Marocains étaient capables de réaliser de belles publicités. Déjà avec Saad Lamjarred et "Lm3allem", on a pu changer un peu l’idée qu’avaient les gens sur les clips marocains.

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Est-ce qu’un retour sur le petit écran est prévu?

J’aimerais bien revenir à la télé, mais avec un joli produit. L’absence était bien réfléchie, la décision n’a pas été prise à la légère, c’était aussi parce qu’il n’y avait pas des choses intéressantes dans ce que j’ai lu. Ce n’est pas que je suis très exigent, loin de là. Je suis plutôt quelqu’un qui bosse avec le feeling. Quand je lis un scénario qui me plait, je fonce. S’il ne me plait pas, j’ai des réticences.

Avez-vous d'autres autres projets à venir?

La vérité, je suis en train de bosser sur mon long métrage. Là, j’en suis à la partie écriture. Comme vous savez, un projet comme ça se répare sur quelques années. Moi, ça fait deux ans que je bosse dessus. Cette année, je vais mettre le turbo parce que je ressens le besoin de faire un long métrage. Mais entre temps, il y a le clip de Saad Lamjarred qui va sortir après le ramadan et pas mal d’autres petits projets qui vont arriver en parallèle. Ce que j’ai envie de faire, c’est de la réalisation, de la créa et de la direction artistique surtout. C’est vraiment ça, mon petit univers que j’aime bien.

En parlant de Saad Lamjarred, comment s’est faite la première rencontre entre vous?

Ça été fait par le biais d’un ami très proche, Reda El Bradi, qui est aussi l’agent et le manager de Saad Lamjarred. Moi et Reda, on se connaissait bien avant. Pendant des années, il me disait il faut absolument qu’on vous fasse rencontrer un jour, jusqu’à il y a trois ans et demi, quand on s’est rencontrés au bureau. On a discuté pendant des heures et des heures et ça a donné le fruit de notre première collaboration qui est "Lm3allem". Depuis, on a travaillé sur un deuxième projet.

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Comment se passe votre collaboration?

Avec Saad, ce n’est pas de l’amitié, c’est de la fraternité. Il est devenu quelqu’un de très proche dans un laps de temps très court. Et ça se passe super bien parce que c’est quelqu’un qui fait confiance au réalisateur et aux équipes avec lesquelles il travaille. Il écoute les gens quand ils parlent et sait faire ses choix artistiques en terme de musique. Hamdoulah, on se comprend super bien.

Vous avez récemment collaboré avec le groupe Fnaïre pour la chanson "Chayeb". Cette chanson parle du mariage des mineurs. Est-ce que c’est un sujet qui vous tient à cœur?

Un petit détail: spécialement pour ce clip de Fnaïre, il y avait mon chef opérateur en réalisation. Moi, j’ai fait la direction artistique sur ce projet. Sur cette question, chacun a son avis. Moi, c’est un sujet qui m’a touché et je voulais participer au projet. Demain, ça ne me dérangerait pas de faire autre chose sur un plateau de tournage quand c’est un travail artistique et que je sais que ce n’est fait ni pour l’argent, ni pour la gloire, mais plutôt pour résoudre un problème qu’on a au Maroc.

Donc si c’est à refaire, je le referai sans regret. Là, je fais une exposition photo, alors que je suis réalisateur. Beaucoup vont me dire: ouais mais toi tu fais de la réalisation, tu ne peux pas faire de la photo. Le rôle d’un réalisateur, c’est justement de raconter des histoires. Et avec des photos, on arrive à raconter des histoires.

Je dis toujours que l’art n’a pas de limites et il ne faut non plus pas lui donner des limites. Tant qu’on peut faire des choses sympas, il ne faut pas se prendre la tête.

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