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Brésil: Un célèbre policier anticorruption lui-même condamné pour corruption

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NEWTON ISHII
Jose Dirceu (R), former Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva's chief of staff, is escorted by federal police officer Newton Ishii as he leaves the Federal Police headquarters to give his testimony in a session of the Parliamentary Committee of Inquiry in Curitiba, Brazil, August 31, 2015. Brazilian police on August 3 arrested former government minister Dirceu, one of the most senior members of the ruling Workers' Party to be detained so far in the corruption scandal engulfing state-run | Rodolfo Buhrer / Reuters
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Le policier qui était devenu le symbole de la lutte anticorruption au Brésil et un héros de la culture populaire, en passant les menottes à de nombreux responsables dans l'affaire Petrobras, a lui-même été condamné pour corruption, a-t-on appris mercredi.

Connu comme "le Japonais de la Fédérale", Newton Ishii, membre de la Police fédérale (PF) d'origine japonaise, est devenu une vedette ces derniers mois au Brésil en apparaissant sur toutes les images d'arrestations dans le cadre de l'opération "Lavage Express", qui enquête sur le gigantesque scandale de corruption autour du groupe pétrolier public Petrobras.

Lors d'une visite au Congrès récemment, des dizaines de parlementaires s'étaient ainsi empressés de prendre des selfies avec lui.

"Où est le Japonais de la Fédérale?", s'était écrié l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva le 4 mars lorsque la police était venue frapper à sa porte pour l'emmener faire une déposition, selon le quotidien Folha de Sao Paulo.

Ce policier grisonnant, toujours en gilet pare-balles et lunettes de soleil, est devenu une figure de la culture populaire, et même le personnage principal d'une nouvelle érotique, "Prends-moi, Japonais de la Fédérale" (écrite par Renata Del Anjo).

Au Carnaval de Rio, un masque à son effigie avait fait fureur: Condal, la principale fabrique de masques, en avait vendu 25.000 exemplaires, bien plus que pour les personnalités politiques.

Sarcasmes

Et une chanson en son honneur a été créée pour le dernier Carnaval, avec comme refrain: "Ah mon Dieu / J'ai eu un coup au moral / On a frappé à ma porte / C'était le Japonais de la Fédérale".

Mais avec sa condamnation mardi à Curitiba dans l'Etat brésilien du Parana (sud-est), annoncée par la presse locale, ce n'est plus la même chanson.

Il a été condamné en appel à plus de quatre ans de prison pour avoir trempé dans une affaire d'aide à la contrebande via la frontière avec le Paraguay, selon son avocat, Oswaldo de Mello Junior, cité par le site d'informations G1.

Le fonctionnaire, qui bénéficiait d'un régime de semi-liberté, s'est présenté à la Surintendance de la police fédérale du Parana mercredi.

La police fédérale locale n'avait pas répondu aux sollicitations de l'AFP mercredi en fin d'après-midi.

Les internautes s'en sont donné à coeur joie sur les réseaux sociaux en rebondissant sur ce fait divers, sous le mot-clef #japonesdafederal.

Certains se lamentaient de l'état de corruption du pays symbolisé par la chute de cette icône, quand d'autres donnaient dans le sarcasme, avec notamment une photo où l'on voit le Japonais de la Fédérale en uniforme emmenant le citoyen Newton Ishii en tenue civile.

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