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La Banque mondiale revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour le Maroc

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Le siège de la Banque mondiale à Washington, aux États-Unis. | DR
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CROISSANCE - La Banque mondiale (BM) vient de revoir ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale, y compris pour le Maroc. Dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques mondiales, rendu public le 7 juin, le royaume ne s’en sort pas mieux que ses voisins de la région MENA.

Selon les nouvelles prévisions de la banque, le Maroc devrait connaître une croissance de seulement 1,7% cette année, soit un ajustement de -1 point par rapport aux prévisions de janvier dernier.

Sur les 17 économies de la région, le Maroc devrait ainsi réaliser la troisième plus mauvaise performance en 2016 derrière le Koweït (+1.3%) et Oman (+1.6%). Ce chiffre, qui rejoint les prévisions du Haut-Commissariat au plan (HCP), est justifié par une très mauvaise récolte agricole sous l’effet de la sécheresse et la pénurie de pluies.

"Pour le Maroc et la Tunisie qui ont de forts liens commerciaux avec l’Europe, une situation moins bonne que prévue en janvier 2016 dans la zone euro a eu pour effet de contraindre les exportations ", souligne par ailleurs la Banque mondiale dans son rapport.

Rebond en 2017

En revanche, pour 2017, la BM est un peu plus optimiste. Ses économistes prévoient, en effet, un rebond de 3,4% de la croissance. Une prévision qui reste toutefois inférieure de 0,6 point, comparé aux perspectives de janvier 2016.

La Banque centrale relève notamment que les autorités marocaines "ont montré un engagement notable dans l’ajustement fiscal, réduisant le déficit public durant trois années consécutives". La baisse des subventions publiques aux produits de base via la caisse de compensation, notamment les carburants, est citée par l’établissement.

Sur le plan mondial, la BM ramène ses prévisions de croissance pour 2016 à 2,4 %, par rapport aux 2,9 % annoncés en janvier dernier. Cette décision s’explique par les taux de croissance anémiques enregistrés dans les économies avancées, la faiblesse persistante des prix des produits de base, l’atonie du commerce mondial et la diminution des flux de capitaux, explique la banque dans le rapport.

Les marchés émergents et les pays en développement exportateurs de produits de base ont du mal à s’adapter à la faiblesse des cours du pétrole et d’autres produits essentiels, ce qui explique la moitié de cette révision à la baisse. La marge de progression escomptée dans ces économies est d’à peine 0,4 % cette année, soit 1,2 point de pourcentage de moins que les chiffres annoncés en janvier dernier.

"Ce ralentissement démontre l’importante nécessité pour les pays d’appliquer des politiques qui favorisent la croissance économique et améliorent les conditions de vie des personnes vivant dans une pauvreté extrême", affirme le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Et d’ajouter: "La croissance reste le principal déterminant de la réduction de la pauvreté, et c’est la raison pour laquelle nous sommes très inquiets de la voir ralentir brusquement dans les pays en développement exportateurs de produits de base en raison de la faiblesse des prix dans ce secteur".

Selon les prévisions de la BM pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), le taux de croissance "devrait remonter légèrement à 2,9 % en 2016, soit 1,1 point de pourcentage de moins qu’escompté en janvier dernier. Cette révision à la baisse s’explique par le fait que les cours du pétrole devraient continuer à pointer vers le bas durant l’année, à 41 dollars le baril en moyenne.

La principale hypothèse qui sous-tend une légère amélioration de la croissance régionale en 2016 est la perspective d’une forte reprise en République islamique d’Iran après la levée des sanctions en janvier dernier. La remontée escomptée des prix moyens des produits pétroliers en 2017 devrait favoriser une relance de la croissance régionale, qui atteindrait 3,5 % en 2017".

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