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L'administration tunisienne au cœur des réformes: Kamel Ayadi tire la sonnette d'alarme

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AYADI
Facebook/Kamel Ayadi
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Depuis quelques temps, l’administration tunisienne fait l’objet de sérieuses critiques. Alors que certains pointent les nombreuses complications dans les procédures bureaucratiques, d’autres ne cessent d’attirer l’attention sur le nombre de dépassements commis dans la fonction publique.

Outre le grand mal de la ponctualité, le ministère de la Fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption a publié, au début du mois dernier, un rapport alarmant: selon le document, la Tunisie est en train de perdre 2,7 millions de journées de travail au niveau de la fonction publique. Causées pour des raisons médicales, ces absences représentent 4,5% de la masse salariale et 2% du budget de l’État.

Surveillance des fonctionnaires

Le ministre de la Fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, Kamel Ayadi était l’invité de la radio Express FM, mercredi 8 juin.

Revenant sur la nouvelle campagne de surveillance administrative lancée par son ministère, Ayadi a indiqué que toutes les administrations se trouvant dans le Grand Tunis feront l’objet d’un contrôle continu durant tout le mois de Ramadan.

Expliquant que cette campagne s’inscrit dans le cadre d’un large programme de réforme administrative, le ministre a insisté sur l’importance d’une telle initiative puisque "l’administration est la colonne vertébrale de l’État".

Dans ce sens, le ministre a assuré que les absences certifiées des fonctionnaires et des agents coûtent "2,7 millions de jours de travail par an à l’État".

Rappelons que l’organisation I Watch a lancé, en début de semaine, une campagne de sensibilisation contre le non-respect des horaires administratifs au cours de ce mois.

Le ministre de la Fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption a indiqué que l’administration coûte de plus en plus cher au contribuable tunisien tandis que la qualité de ses services régresse de jour en jour: la masse salariale est passée de 6.500 à 13.000 millions de dinars en l’espace de quatre ans.

Conscient de la problématique de la mentalité, le ministre a indiqué que la réforme de la fonction publique doit obligatoirement passer par un changement comportemental des agents et des fonctionnaires.

Pour lui, toutes les réformes économiques et politiques ne peuvent être efficaces que si elles sont précédées par une réforme de l’administration.

De ce fait, le ministre a exprimé son souhait de voir la fonction publique retrouver son image d’antan, c’est-à-dire son image d’avant la révolution. Kamel Ayadi a assuré que son ministère va s’appliquer afin de faire respecter l’article 15 de la Constitution.

Visites surprises

Questionné sur le sort du Groupe chimique de Gafsa, Kamel Ayadi s’est contenté de dire que quelques agents du ministère effectueront, dans les prochains jours à venir, des visites surprises afin d’évaluer l’état des lieux de la société. Le ministre a assuré que ce même genre de visites aura lieu dans quelques consulats tunisiens se trouvant à l’étranger.

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